Benoît Hellings sera tête de liste Ecolo

Ils tirent les premiers, alors que toutes les sections locales des partis fourbissent actuellement leurs armes pour les prochaines élections communales d’octobre 2018. La locale Ecolo-Groen de la Ville de Bruxelles a désigné sa tête de liste pour les prochaines élections, et ce sera, roulements de tambour : le député fédéral Benoît Hellings. L’homme sera suivi dans l’ordre par Zoubida Jellab, Liesbet Temmerman (Groen !), Arnaud Pinxteren et Diane Auchapt. « Sauf si Groen désigne un homme à la place de Liesbet Temmerman, auquel cas l’ordre sera inversé pour les deux suivants afin de respecter l’alternance homme-femme », précise le député de 38 ans.

S’il devait être élu et appelé à siéger comme échevin, le nouveau chef de file Ecolo à la Ville devra évidemment abandonner son siège au fédéral, à l’égal du député Arnaud Pinxteren au parlement régional, les Verts excluant le cumul. « Mais pour siéger comme conseillers communaux, nous pouvons introduire une demande de dérogation », précise Benoît Hellings.

S’il se targue d’être le plus ancien de la locale Ecolo de la Ville (Marie Nagy, qui n’a pas encore été exclue du parti, mise à part), Benoît Hellings aura dans un premier temps fort à faire pour apaiser les partisans de sa section à la Ville. Une section bousculée, pour ne pas dire blessée, par « l’affaire Marie Nagy » ces dernières semaines, mais aussi par le passage récent de la conseillère au CPAS Viviane Laroy au PS, et un peu plus tôt par la démission d’Ecolo du conseiller communal Michaël François. « Une situation humaine très compliquée », admet le député, même si la façon dont le peloton de tête de la liste électorale a été constitué atteste, selon lui, d’une volonté globale de « la jouer collectif ».

« On a décidé d’établir une élection sans candidats : les membres d’Ecolo ont été appelés à se rendre à l’assemblée générale, mais sans que les candidats aux cinq premières places ne se déclarent, explique l’homme. C’était un processus avec une coach extérieure qui a fait émerger la solution consensuelle. Personne ne s’est déclaré mais chacun s’est exprimé sur la meilleure personne, à son point de vue, pour incarner les différentes places. C’est comme ça que, assez rapidement, Zoubida Jellab a été définie par beaucoup comme l’idéale deuxième. Il y a eu un premier tour, et assez naturellement mon nom est arrivé en premier. Ça s’est fait dans une ambiance où chaque personne désignée validait elle-même sa place », poursuit-il.

Voilà pour le processus. Mais pas question pour Benoît Hellings de s’étendre davantage sur les tensions récentes, voire plus anciennes (les « affaires » Henri Simons ou Marie-Paul Mathias en leur temps) au sein de sa locale. Des histoires navrantes d’ambitions personnelles dans « la commune la plus prestigieuse, la plus puissante de tout Bruxelles », résume-t-il. Cela alors que le projet Ecolo pour la Ville est au contraire de « faire le lien avec les habitants ». « C’est le rôle des Ecologistes, martèle-t-il. Et ce sens du collectif, on doit commencer par l’appliquer pour nous-mêmes. »

Avant de l’appliquer, surtout, aux projets de la Ville. Exemple : le piétonnier du centre-ville. « Il a été pensé dans une logique non pas d’environnement et de mobilité, mais dans une logique de prestige personnel d’Yvan Mayeur, (le bourgmestre PS de la Ville de Bruxelles, NDLR) qui a en fait un instrument de communication personnel. Regardez nos programmes depuis les années 1990. Au niveau local, on n’a jamais voulu fermer les boulevards du centre complètement, comme ça. Depuis le début, il y avait une volonté d’imaginer le piétonnier comme un aménagement urbain. Pas une fermeture par des barrières Nadar d’un espace public. Un piétonnier doit être pensé comme un réaménagement urbain, qui implique un phasage, un processus qui a des vertus pédagogiques. » Et d’observer : « Ici, il n’y a que des cris et des larmes, alors qu’on aurait pu imaginer un processus participatif, enthousiasmant, et qui rende fiers les Bruxellois. »

Pas question pour autant de défendre la réouverture des boulevards au trafic automobile, rassure le député. « Mais il faut mettre la gomme sur le processus participatif. En impliquant les habitants dans le processus créatif ». Et, citant comme autre exemple le projet immobilier Hop à Laeken (une école et du logement en intérieur d’îlot, un projet très contesté par les riverains), Benoît Hellings d’ironiser : « On se fait piquer nos idées, mais pas la méthode, démocratique et participative. Or notre projet est la méthode, comme le dirait Olivier Deleuze. »