Les commerçants du centre modifient leur stratégie

Deux cents. Ils sont deux cents commerçants du centre-ville qui, à en croire le président du Groupement des commerçants du centre de Bruxelles (GCCB) Alain Berlinblau, soutiennent ce dernier dans son combat contre le piétonnier du centre-ville. Deux cents à le soutenir financièrement dans ses démarches juridiques, comme en atteste la liste des contributeurs qu’il nous soumet.

Des démarches qui leur ont déjà coûté quelque 22.000 euros en frais judiciaires, et qui ont eu pour effet de bloquer le chantier. On est donc loin, selon notre interlocuteur, des « signaux positifs » qu’envoient « tous les acteurs du centre-ville » à propos du projet, comme l’affirmait lundi dans nos pages le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur (PS).

Loin également de la contestation solitaire au projet « de quelqu’un qui est commerçant dans un double piétonnier, au bout de la rue Neuve, dans City 2 », à savoir Alain Berlinblau lui-même, que le bourgmestre affirmait ne pas comprendre dans le même entretien.

Pourtant, si Alain Berlinblau n’est toujours pas à court d’arguments pour contester le principe même du piétonnier (baisse de chiffre d’affaires des commerçants – invérifiable par nos soins, clientèle des boutiques de luxe de la rue Antoine Dansaert qui ne se déplace qu’en voiture et qui de ce fait ne se rend plus au centre-ville – idem, circulation automobile perpétuellement bloquée aux alentours de l’espace piéton, etc.), sa contestation semble avoir adopté une autre stratégie. « On n’a jamais été contre le piétonnier, assure-t-il sérieusement. Mais l’accès aux parkings doit être rétabli. »

Et d’attirer notre attention sur cette anecdote, relayée sur la page Facebook des opposants au piétonnier. Une personne s’y plaint d’avoir perdu 1h20 pour quitter en voiture le parking de la rue de l’Ecuyer, alors qu’elle était en compagnie de potentiels investisseurs français dans l’espace commercial Mint, en cours de finition place de la Monnaie. « Bye bye Bruxelles, leur premier investissement hors hexagone se fera à Londres et non plus à Bruxelles », assure cette personne.

Alors le président du GCCB met cartes sur table. Ses demandes à la Ville : rouvrir les rues de Laeken, Van Artevelde, des Poissonniers et de la Vierge Noire en double sens de la Porte d’Anderlecht à la Porte d’Anvers ; ouvrir le boulevard Jacqmain jusqu’à la rue du Fossé aux Loups, pour permettre l’accès au parking Philips ; ouvrir le boulevard Anspach jusqu’à la rue des Pierres en double sens ; ouvrir la place du Samedi ; ouvrir la rue du Midi depuis la rue du Lombard jusqu’à la rue des Pierres ; enfin, ouvrir la rue du Midi vers le boulevard de Stalingrad.

A part cela, le GCCB n’est donc pas opposé au piétonnier.