Une «manne céleste» pour les spectacles à Villers

Tous les organisateurs de spectacles en Brabant wallon attendaient la décision du Service public fédéral des Finances et de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec impatience. Et c’est l’ASBL Del Diffusion, célèbre pour ses spectacles dans les ruines de l’Abbaye de Villers, qui est devenue la première société de production dans le domaine des Arts de la scène à avoir obtenu l’agrément afin de lever des fonds de Tax Shelter pour financer sa 31e production estivale, Le Capitaine Fracasse, adapté du roman de Théophile Gauthier.

Tax Shelter ? Il s’agit d’une niche fiscale insérée dans le Code des impôts sur le revenu. Elle permettait jusqu’ici à des entreprises de participer au financement d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques et de payer ainsi moins d’impôt sur les sommes ainsi investies ; désormais, c’est aussi possible pour des spectacles culturels.

« C’est une manne céleste, se réjouit Patrick de Longrée, fondateur de Del Diffusion avec Rinus Vanelslander. Cela va nous permettre de lancer à nouveau de grosses productions à l’Abbaye de Villers, du style de celle imaginée pour Le Nom de la Rose. Il est vrai que ces dernières années, nous avons été confrontés à une hausse constante des coûts et à une stagnation, si pas une baisse, des aides publiques. Sans oublier le plafonnement du sponsoring privé. »

Lever 220.000 euros

Concrètement, Del Diffusion va chercher, avec la société taxshelter.be et son distributeur ING, de nouveaux investisseurs. La mission qui a été donnée est de lever pour 220.000 euros bruts de fonds. De quoi réunir environ 150.000 euros nets pour l’ASBL. « Pour Le Capitaine Fracasse, nous comptions jusqu’ici sur un budget de 750.000 euros, conclut Patrick de Longrée. Grâce au Tax Shelter, nous allons pouvoir monter jusqu’à 900.000 euros. De quoi financer un haut degré de qualité, avec une importante distribution, des décors monumentaux, des techniques sophistiquées d’éclairage, de projection et de sonorisation, et des mises en scène spectaculaires. Cela nous ouvre aussi des perspectives nouvelles pour les prochains rendez-vous. »