Une école renonce à la fête des mères «pour mieux rencontrer la diversité»

O n a complètement sous-estimé l’impact émotionnel ! » admet Dominique Paquot. Mercredi matin, le directeur fait parvenir un court mail aux parents des enfants de son école à pédagogie active, l’école Singelijn. Dans ce courrier, il y explique que l’équipe pédagogique a pris la décision « de ne plus faire faire de cadeaux par les enfants dans le cadre scolaire ». L’objectif, expliqué un peu rapidement sans doute, serait de rencontrer la grande diversité de familles de l’école et de « permettre à celles-ci de célébrer-ou pas- les fêtes des mères et des pères de la manière qui leur semble la plus juste ».

Incompréhension des parents

Pris de court à quelques jours de la fête, les parents s’insurgent. Très rapidement, les commentaires révoltés s’étalent sur les réseaux sociaux, l’affaire prenant une ampleur que l’école n’avait pas du tout envisagée. Mal comprise, la « diversité » évoquée est interprétée comme liée à certaines cultures.

Complètement dépassé par l’ampleur des réactions, choqué par leur agressivité, le directeur de l’établissement, Dominique Paquot, s’explique : « Cela fait un ou deux ans que nous menons une réflexion sur la difficulté de certains enfants lors de cette période : enfants dont l’un des parents est décédé, avec lequel il n’a plus de contacts, parents de même sexe, familles monoparentales, etc. D’autant plus que dans notre école, la préparation de ces fêtes prend une semaine et pas juste une après-midi. Nous avons eu beaucoup de réunions par rapport à cela en se demandant comment repenser cette activité. »

Le directeur : « La société change »

Considérant que l’école développe déjà de nombreuses activités familiales, que la création artistique y est déjà très poussée, l’équipe a finalement décidé de ne rien organiser en interne pour les fêtes des mères et des pères. Mais le directeur insiste : « il ne s’agit pas de se positionner pour ou contre la fête des mères ! Mais bien de réfléchir à la préparation de cette fête à l’école, à l’heure où la société change. » Aux enfants les plus âgés, il a été expliqué qu’on peut montrer à maman ou à papa qu’on l’aime autrement.

Le directeur reconnaît cependant qu’il a totalement sous-estimé l’impact émotionnel de cette décision sur les parents. Un second courrier d’explications a été envoyé ce jeudi après-midi. Il admet également que le timing et la manière de faire n’étaient pas opportuns. De quoi calmer les parents ?

Aujourd’hui, selon le «  baromètre des parents » mené par la Ligue des familles, 25 % des familles sont monoparentales et 15 % sont recomposées.

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