3 octogénaires sur 4 vivent encore à domicile

Seul un senior de plus de 80 ans sur cinq vit en maison de repos. Tel est l’un des résultats du 10e Thermomètre Solidaris-RTL-Le Soir portant, cette fois, sur les octogénaires. Une enquête qui a démonté de nombreux clichés. Les 80 ans et plus semblent en effet avoir plutôt le moral et la santé. Focus, à présent, sur la question du logement.

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Vivre chez soi et sans aide extérieure : une réalité pour 40 % des plus de 80 ans

A plus de 80 ans, trois quarts des seniors vivent encore à domicile. 40 % se passent même encore d’une quelconque aide extérieure. Pour ceux qui nécessitent une aide (35 %), elle concerne d’abord des besoins d’ordre domestique, et ensuite des besoins liés à la personne elle-même. La crainte de perdre ses capacités est cependant importante. Sur le podium de leurs principales inquiétudes, on trouve en première place la peur de devenir dépendant, ensuite celle d’être une charge pour les proches et, enfin, la hantise de souffrir d’Alzheimer, de perdre la tête.

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La hantise de la maison de repos…

Mais en cas de dégradation, la maison de repos n’est une solution « réaliste et souhaitable » que pour 15 % des personnes interrogées. Les autres balancent entre le réalisme et le rejet complet. La grande majorité d’entre eux (63 %) souhaite donc rester à domicile le plus longtemps possible, en bénéficiant d’aides ou en aménageant son logement.

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… Mais sans se préparer

Paradoxe : alors qu’ils sont majoritaires à privilégier la perspective de rester à domicile en cas de dégradation ou de dépendance, ils sont peu nombreux à avoir pris leurs dispositions. Ainsi, seuls 15 % des plus de 80 ans vivant toujours chez eux ont procédé à des aménagements afin d’adapter leur intérieur. Ils sont 9 % à y avoir « déjà réfléchi », mais tous les autres n’y ont jamais songé. En réalité, une forme de tabou subsiste : une personne interrogée sur deux n’a pas encore évoqué avec ses proches la possibilité d’une perte d’autonomie. Par peur de déranger, d’être une charge, les personnes n’appellent qu’en cas d’extrême nécessité.

Davantage que la peur de mourir (4/10 s’en disent inquiets), c’est donc la crainte de décliner qui domine dans cette génération. Même si la possibilité de l’euthanasie les soulage en partie : la grande majorité des personnes de cette tranche d’âge (78 %) « comprend » qu’en cas de maladie incurable, on demande à partir sans souffrance.

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Méthodologie

L’Institut de sondages Dedicated a été chargé de réaliser l’enquête au départ de questions établies par Solidaris. 453 octogénaires ont donc été interrogés en face-à-face entre le 14 novembre et le 14 décembre 2016. La marge d’erreur est de 3,51 %. Depuis 2012, la mutualité socialiste investigue régulièrement certains sujets de société (le stress au travail, le rapport à l’alimentation, aux médicaments, etc.) et sonde des populations spécifiques : les adolescents, les jeunes parents, les 18-30 ans… Il s’agit donc du dixième « Thermomètre Solidaris ».

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