Trump aurait tenté de mettre fin à une enquête du FBI: la Maison-Blanche conteste

La situation de Donald Trump devient chaque jour plus inconfortable: déjà accusé d’avoir été trop bavard avec des diplomates russes, le président des Etats-Unis est désormais soupçonné d’avoir tenté de mettre fin à une enquête du FBI.

L’accusation

Selon un article du New York Times publié mardi soir, M. Trump a demandé mi-février au directeur du FBI James Comey, qu’il a limogé avec fracas la semaine dernière, de mettre un terme aux investigations visant Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale.

Détail accablant: M. Comey a relaté cette conversation dans une note écrite, citée par le quotidien «C’est quelqu’un de bien. J’espère que vous pourrez laisser tomber», aurait affirmé M. Trump, selon cette note rédigée par le patron du puissant Federal Bureau of Investigation.

L’explication de la Maison-Blanche

La Maison-Blanche a catégoriquement contesté cette version des faits, qui pourrait constituer une possible obstruction à la justice, affirmant que le président n’avait «jamais demandé à M. Comey ou qui que ce soit d’autre de clore aucune enquête».

«Ce n’est pas un récit fidèle (...) de la conversation entre le président et M. Comey», a indiqué un responsable de l’administration sous couvert d’anonymat.

Deux enquêtes différentes

Dans un témoignage jeudi devant le Sénat, le directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, avait affirmé qu’il n’y avait eu «aucune tentative» d’entraver l’enquête sur les liens possibles entre des membres de l’équipe Trump et la Russie.

L’enquête visant M. Flynn, qui est toujours en cours, est distincte de cette dernière. M. Flynn a été contraint à la démission le 13 février pour avoir omis de révéler des contacts répétés avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, dont certains auraient porté sur des sanctions américaines contre Moscou.

Démocrates et Républicains divisés

Les réactions ont fusé au Congrès où la pression monte depuis quelques jours pour que M. Comey vienne livrer sa version des faits.

Le chef de file de l’opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, s’est déclaré «secoué» par ces dernières révélations. «C’est un test sans précédent pour le pays. Je le dis à tous mes collègues du sénat: l’histoire nous regarde», a-t-il lancé sur un ton grave depuis l’hémicycle. «C’est une des plus graves accusations qu’on puisse porter contre un dirigeant», a renchéri le sénateur démocrate Dick Durbin.

Le républicain Richard Burr, président de la commission sénatoriale du renseignement, s’est montré nettement plus circonspect. «Je pense que le directeur (Comey) nous aurait peut-être informé s’il y avait eu une demande de cette nature», a-t-il affirmé, jugeant qu’il faudrait «plus que des sources anonymes» pour le convaincre.