Les appels à la destitution de Donald Trump se multiplient

Moins de quatre mois après son arrivée au pouvoir, Donald Trump se trouve dans une position difficile, suite aux révélations explosives du Washington Post et du New York Times. Non seulement il aurait partagé des informations confidentielles avec de hauts responsables russes, mais il aurait également tenté de mettre fin à l’enquête du FBI sur Michael Flynn. Depuis, un seul mot revient : la destitution.

Il faut dire que pour la première fois, les Américains semblent plus favorables à cette possibilité. D’après un sondage réalisé par l’entreprise Public Policy Polling, liée au parti démocrate, 48 % des Américains soutiennent désormais la destitution de Trump alors que 41 % y sont opposés. Ils ne sont plus que 43 % à penser que Trump ira au bout de son mandat de président.

Les Démocrates s’énervent

Les Américains ne sont pas les seuls à faire entendre leur voix. Certains élus démocrates estiment qu’un cap a été franchi et parlent à présent ouvertement de destitution. « Cela aide à sceller le dossier » de la destitution, s’est réjoui Maxine Waters, député californienne. D’après l’élu texan Joaquin Castro, le Congrès « prendrait probablement le chemin de la destitution », si les faits étaient avérés.

«  Plus que jamais, nous avons besoin d’un procureur spécial pour déterminer s’il y a eu une collusion entre la campagne Trump et la Russie  », a réagi de son côté Bernie Sanders, qui veut avoir le fin mot de l’histoire.

«  J’ai été réfractaire aux discussions sur la destitution jusqu’à présent, mais si le mémo de Comey est véridique – et Comey est très crédible –, nous sommes dans une nouvelle donne  », a tweeté l’ancien conseiller de Barack Obama, David Axelrod, qui estime que ces dernières révélations pourraient «  conduire à la fin  » de la présidence Trump.

Pour Robert Reich, qui fut secrétaire au Travail sous Bill Clinton, « il ne s’agit pas de savoir s’il y a suffisamment d’éléments pour destituer Trump », mais plutôt de savoir « quand » cela arrivera. « La loi est suffisamment claire. Si Trump a viré Comey pour éviter une enquête sur lui, c’est une obstruction à la justice - un crime qui peut le faire destituer », a-t-il expliqué, ajoutant que ce moment arriverait lorsque les Républicains « feront passer la loyauté aux Etats-Unis avant la loyauté à leur parti ».

Les Républicains demandent des explications

Si, du côté des Républicains, personne ne parle encore de destitution, il semble que les esprits s’échauffent. Le sénateur Lindsey Graham presse l’ancien directeur du FBI, James Comy, de venir raconter publiquement « sa version de l’histoire » devant la commission judiciaire du Sénat.

Le président républicain de la commission de surveillance du travail gouvernemental, Jason Chaffetz, va encore plus loin. Dans une lettre adressée au directeur par intérim du FBI, il demande à voir « tous les mémos, notes, résumés et enregistrements relatifs à une quelconque communication entre Comey et le Président » d’ici le 24 mai.

Le Sénateur John McCain, qui a déjà été fortement critiqué Trump par le passé, estime quant à lui que toutes ces affaires ont désormais « atteint la taille et l’importance du Watergate ».