Maxime Prévot «Je suis réservé mais prêt à évoluer»

Le ministre wallon (CDH) en charge notamment du Patrimoine se demande si la préservation physique est réellement opportune.

Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Maxime Prévot est le ministre wallon (CDH) en charge notamment du Patrimoine. On le dit « réservé » quant à l’idée de préserver physiquement les outils sidérurgiques récemment condamnés. Il le concède mais se dit prêt à évoluer, sachant que « toute décision éventuelle dépend d’une analyse objective effectuée par l’administration. »

Faut-il préserver le patrimoine sidérurgique ?

Le patrimoine industriel, souvent ancien, fait déjà l’objet de mesures de protection. Des terrils, des forges, des moulins et autres éléments de ce patrimoine sont d’ores et déjà classés. Mais il est vrai que la question se pose au sujet du patrimoine sidérurgique, en particulier celui qui a été désaffecté récemment. Aucun des hauts-fourneaux qui subsistent à Liège, Charleroi ou Clabecq ne sont pour l’instant classés, et le constat est identique pour les cokeries, les laminoirs et autres outils.

A titre personnel, qu’en pensez-vous ? On vous dit peu favorable à une préservation physique, et dès lors plus enclin à soutenir une démarche de valorisation mémorielle via le recueil de photos, de témoignages.

Je suis effectivement réservé sur l’opportunité d’une préservation physique. Sans doute le fait d’être né et d’avoir vécu en région namuroise n’y est-il pas étranger. Je n’ai pas, inscrite dans mes gènes familiaux, l’histoire des bassins industriels et en ai dès lors davantage une vision liée au déclin de la Wallonie qu’au souvenir de sa splendeur passée. Mais je suis prêt à évoluer : je suis allé il y a peu visiter le charbonnage de Blegny-Mine à Liège et en suis sorti avec la conviction que cette préservation-là était utile pour comprendre, avait des vertus pédagogiques évidentes.

Aucun outil sidérurgique n’est donc classé pour l’instant, mais il y a des demandes en ce sens. Le Groupement citoyen pour le sauvetage du HF4 et du patrimoine sidérurgique carolorégien a tout récemment introduit un dossier…

Il y a effectivement un réveil des consciences à Charleroi, plus marqué me semble-t-il qu’à Liège. C’est à l’administration d’analyser le dossier, en fonction des critères qui sont ceux pouvant donner lieu à un classement. Je vous ai donné mon avis mais il importe peu : le sort d’un dossier ne doit pas être lié à l’affectivité d’un ministre, qui ne fait que passer, mais au regard objectif de l’administration.

Une éventuelle décision de classement ne serait pas sans conséquence sur le plan budgétaire. Le simple maintien en l’état des installations coûterait des millions. Impensable ?

Les contraintes budgétaires ne peuvent pas interférer. On ne décide pas de classer une chapelle, un château, en fonction des coûts qui seraient générés par une éventuelle rénovation. On ne classerait plus rien dans ce cas. Mais il est vrai qu’une décision de classement, qui oblige le propriétaire, lui ouvre aussi le droit de solliciter certaines subventions. Et il est donc vrai que l’enjeu financier, s’agissant de tels outils, est potentiellement important.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La UneLe fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une