«Ce métier, c’est une maladie»

La quarantaine se termine pour son « Antoine », un verrat de 151 kilos dont la semence va être conservée dans de l’azote liquide pour préserver son patrimoine génétique. Entretien avec Liliane Doyen, 76 ans, la doyenne des éleveuses de Piétrain.

Fière de votre bête ?

J’ai de la chance de pouvoir sélectionner ce verrat, au stress négatif GA, c’est-à-dire qu’il possède un gène qui le rend résistant à la colibacillose et la maladie de l’œdème. Antoine va pouvoir représenter dignement la race de Piétrain.

On en trouve pourtant partout…

C’est cela qui n’est pas normal. Certes, on a fait des croisements de notre race dans le monde entier, mais logiquement, il n’y a que les bêtes de chez nous qui peuvent porter le label de Piétrain. C’est donc pour préserver notre patrimoine qu’on lance toute cette opération.

Depuis combien de temps vous êtes-vous lancée ?

C’est en 1972 que j’ai repris l’élevage de Saint-Pierre que mon père, Arthur Doyen, avait créé rue du Blanc Poil et qui se trouve aujourd’hui, à Molembais-Saint-Josse (Jodoigne). À mon âge, j’aimerais à présent pouvoir me reposer un peu. Le problème, c’est que mon fils, pensionné de l’armée, veut bien reprendre, mais avec moi seulement. Là, je ne suis plus trop d’accord ! Parce ce que ce métier, ce n’est plus une passion, c’est une maladie. Et une fois qu’on l’a attrapée, c’est très difficile de s’en soigner complètement...

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