Les questions insolites sur Bruxelles

Waterloo/ Toison d’Or : pourquoi le boulevard fait-il face à l’avenue ?

D’un côté le boulevard de Waterloo. Traversez (gare au tunnel) et, arrivé juste en face, vous voilà avenue de la Toison d’Or. Mais pourquoi donc ce changement d’appellation d’une rive à l’autre ? Pour la savoir, il faut cheminer dans le temps jusqu’au 14 e siècle, période durant laquelle fut construite la seconde enceinte qui délimite aujourd’hui encore ce que l’on appelle le Pentagone, le cœur de la capitale. Plus tard, au 19 e siècle et plus précisément en 1818, explique-t-on au cabinet du secrétaire d’Etat à l’urbanisme Rachid Madrane (PS), on lança un concours pour le réaménagement de ces fortifications en lieu de promenade. « L’avenue de la Toison d’Or s’est d’abord appelée Esplanade, puis Glacis de Waterloo puis Boulevard extérieur de Waterloo pour devenir avenue de la Toison d’Or en 1851 ». Au fil du temps, il fut décidé que le côté longeant le centre et le territoire de la Ville de Bruxelles (sur les vestiges des fortifications) prendrait le nom de boulevard alors que la partie jouxtant les faubourgs porterait le nom d’avenue. Et on retrouve ce schéma tout au long de la Petite ceinture avec par exemple, du côté d’Anderlecht, l’avenue de la Porte de Hal qui fait face au boulevard du Midi.

Pourquoi l’Atomium compte-t-il neuf boules ?

Conçu à l’occasion de l’Exposition universelle de 1958, l’Atomium compte neuf boules dont la plus haute culmine à 102 mètres. Imaginé par l’ingénieur André Waterkeyn, l’édifice représente en fait un cristal élémentaire de fer agrandi 165 milliards de fois. Rien à voir donc avec les neuf provinces que comptaient jusqu’il y a peu notre pays. «  Il s’agit là d’un vieux mythe contre lequel s’est toujours battu André Waterkeyn, souligne Henri Simons, le directeur de l’ASBL Atomium. À l’époque d’ailleurs, les gens ne s’interrogeaient que très peu sur leur identité nationale, ils étaient belges, c’est tout ». En fait, ce que le concepteur de l’Atomium voulait mettre en avant avait essentiellement trait à la science et, par-delà, aux progrès qui en découlent.

Pourquoi les carrefours bruxellois sont-ils les plus compliqués au monde ?

Si vous demandez à un expatrié ce qu’il pense de l’aménagement des voies de circulations et des carrefours bruxellois, il vous dira sans hésiter que cela fait partie du folklore. Des croisements par l’avant alors que le code de la route exige de dépasser la voiture par l’arrière, des places qui n’en sont pas vraiment comme celle de Meiser, Liedts ou Madou, des pistes cyclables finissant contre un bloc de béton… Si lors de leur création, Meiser ou Madou ressemblaient à de charmantes placettes, elles sont aujourd’hui des carrefours à manger son volant. Entre les bandes bus, les pistes cyclables, les rails de tram, les piétons et les voitures, les ingénieurs civils en perdent leur latin, ajoutant un aménagement par-dessus l’ancien, ce qui donne cette impression de cacophonie.

Pourquoi les magasins ferment-ils si tôt, notamment dans les quartiers commerçants ?

Historiquement, les syndicats se sont battus pour que les employées des grandes chaînes de magasins puissent terminer leur travail à 18h30 afin de pouvoir s’occuper de leur famille. Cela fait donc partie des acquis et les syndicats des grandes chaînes comme Zara ou H&M veulent le défendre. Pour tenter de changer cette habitude, Atrium, l’agence bruxelloise pour le développement commercial, a lancé l’initiative Afterwork shopping. Tous les jeudis, les commerces de certaines rues du centre ne ferment qu’à 20h. Les clients sont de plus en plus nombreux ce qui encouragera peut-être les locomotives de la rue Neuve à garder leurs portes.

Houba de Strooper. Houba Houba ?

Président du Cercle d’histoire de Bruxelles, Eric Demarbaix s’est notamment penché, anecdotes et commentaires à l’appui, sur le nom des stations de métro bruxelloises. Parmi elles, la station Houba-Brugmann. Houba comme Houba de Strooper. Il s’agit en fait de Monsieur Houba, de Strooper étant le nom de son épouse, qui fut sécrétaire communal à Laeken à la fin du 19e lorsque celle-ci était encore une commune autonome (Laeken a été rattachée à la Ville de Bruxelles en mars 1921). Monsieur Houba, donc. Comme le cri du Marsupulami ? C’est en tout cas ce qui se dit dans le milieu des dessinateurs de BD, relève Eric Demarbaix qui rapporte qu’André Franquin se serait un jour arrêté à un feu rouge de l’avenue Houba de Strooper. « Il trouva le nom Houba tellement amusant qu’il l’utilisa pour le cri de son petit animal à la longue queue ».