Un journaliste agressé en marge de la dernière «Manif pour tous» (vidéos)

La manifestation contre le mariage homosexuel devait se disperser vers 19h30, hier à Paris. Mais, en marge de la « Manif pour tous », des groupes d’extrême droite s’étaient donné rendez-vous sur l’Esplanade des Invalides. Ils y ont défié les CRS jusqu’à minuit environ. Des journalistes ont eux aussi été pris pour cible et un photographe de l’AFP en a été quitte pour un coquart et quelques hématomes. Les images sont très violentes. Les policiers et gendarmes français ont procédé à 293 interpellations dont 231 personnes ont été placées en garde à vue. Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur, a compté « 36 blessés » parmi les forces de l’ordre, et également « un journaliste et un manifestant », dans une interview sur Canal+.

« Je m’en tire très, très bien malgré les images impressionnantes »

« Plusieurs centaines d’individus » clairement d’extrême droite, selon les témoins des scènes de violence, ont saisi l’occasion de cette journée de rassemblement pour provoquer des échauffourées. Lors de celles-ci, un photographe de l’Agence France Presse a été frappé par des émeutiers. « Ils couraient, remontaient la rue quand l’un d’eux m’a sauté dessus », raconte-t-il à un journaliste du « Monde ». « Je m’en tire très, très bien malgré les images impressionnantes, confie-t-il. J’ai un coquart et quelques bleus après des coups de pieds, dans le visage notamment, mais pas de fracture et pas de dent cassée. » La scène a été filmée. L’AFP devrait porter plainte dans la journée.

La manifestation contre le « mariage pour tous » s’était pourtant déroulée dans le calme, plus tôt dans la journée. Donnant lieu à une habituelle querelle de chiffres : 150.000 selon la préfecture de Paris, un million selon les organisateurs de ce qui ressemblait à un baroud d’honneur, du moins dans l’action de rue. Jean-François Copé, président de l’UMP était bien là, en tête de cortège. Mais pas Frigide Barjot, leader du collectif « Manif pour tous ». Elle a expliqué ce matin que « les menaces et l’excitation entre Manuel Valls et les groupes des extrêmes ne lui laissaient pas de place dans la manifestation » et que « le temps de la ‘ Manif pour tous ‘ dans sa phase manifestation de rue était passé ».