Moscou accueille froidement l’offre d’Obama sur le désarmement nucléaire

Dans un discours donné à la Porte de Brandebourg à Berlin, Barack Obama a appelé à une réduction drastique des armes nucléaires pour construire un monde de « paix et de justice ». Le président américain a invité Moscou à des négociations de désarmement. « J’ai l’intention de chercher à obtenir des réductions négociées avec la Russie pour dépasser les positions nucléaires de la Guerre froide  », a-t-il déclaré. Moscou lui a néanmoins immédiatement opposé une fin de non recevoir.

Par la voix de son vice-Premier ministre, Dmitri Rogozine, la Russie a déclaré qu’elle ne pouvait pas «  considérer sérieusement » ces propositions. « Comment peut-on considérer sérieusement cette idée de réduction des arsenaux nucléaires quand les Etats-Unis développent leur potentiel d’interception de cet arsenal stratégique  », a déclaré cet ancien représentant de la Russie à l’Otan qui faisait alors allusion au bouclier antimissile américain, pomme de discorde entre Washington et Moscou ces dernières années.

Plus tôt dans la journée, Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin, avait indiqué que le président Poutine avait été informé à l’avance de ces propositions par M. Obama lors de leur entrevue en marge du G8 lundi en Irlande du Nord, mais qu’il y avait fait part de ses objections. « Nous avons écouté ces informations, fait des remarques, notamment sur le fait qu’il faut inclure les autres pays ayant l’arme atomique dans le processus de réduction des arsenaux nucléaires », a expliqué M. Ouchakov.

De son côté, le chef de la commission aux Affaires étrangères de la Douma Alexeï Pouchkov a estimé que les propositions de M. Obama devaient « être profondément revues pour qu’elles puissent être considérées par la partie russe comme sérieuses et non comme de la propagande ».

Quant à M. Poutine, il a estimé que la Russie ne pouvait pas permettre « que soit rompu l’équilibre des systèmes de dissuasion stratégique, que soit amoindrie l’efficacité de nos forces nucléaires ». « C’est pourquoi la création d’un système de défense aérienne et spatiale va rester une des priorités de notre industrie militaire », a-t-il ajouté.

La Russie, qui détient avec les Etats-Unis près de 90 % du stock d’armes nucléaires dans le monde, possède actuellement le plus grand arsenal, avec quelques 8.500 ogives nucléaires.