Ce que montre vraiment la vidéo de l’agression de Clément Méric

La radio française RTL affirme l’avoir vue, cette fameuse vidéo datée du 5 juin dernier. Des images tournées par une caméra de vidéosurveillance du réseau de transport en commun parisien (RATP), entre les mains de la Police judiciaire (PJ) depuis le 6 juin. RTL en tire les conclusions suivantes : « On voit pendant une bagarre générale, Clément Méric se précipiter vers Esteban Morillo, le meurtrier présumé, alors de dos, semble-t-il pour lui asséner un coup. Le skinhead se retourne alors et le frappe avec son poing en plein visage ».

Pas de quoi en déduire que Méric a frappé le premier

En clair, le jeune homme de 19 ans aurait porté le premier coup. Ce n’est pas l’avis de la PJ, si l’on en croît une enquête du journal Libération, qui précise que la vidéo ne montre que 20 centimètres au-dessus du sol. Les images apportent cependant quelques confirmations, au milieu des coups de pied des neuf personnes impliquées : « Les policiers aperçoivent, à un moment de la rixe, Méric passer derrière Morillo occupé à frapper un autre. Peut-être Méric donne-t-il un coup à Morillo lequel, en tout cas, se retourne. Et Méric tombe par terre », nous informe Libé.

Pas de quoi en déduire que Méric a frappé le premier, selon les enquêteurs. On constate simplement qu’il n’a pas été lynché par les jeunes d’extrême droite une fois tombé au sol. Ce qui était déjà connu. L’autopsie de l’ancien étudiant de Science Po avait démontré qu’il était décédé d’un ou deux coups portés au visage. Pas de sa chute, ni de coups éventuellement portés après la chute. La vidéo corrobore également les témoignages de plusieurs témoins, dont les vigiles de la vente privée qui avait attiré ces deux bandes. Les jeunes « antifas » ont attendu pendant plusieurs minutes les skinheads au bas de l’immeuble parisien. Selon ces mêmes témoignages, ces derniers auraient été les plus provocateurs verbalement. Mais les skinheads ont été ensuite plus durs dans leurs coups.

Par ailleurs, dans une autre affaire, cinq membres de Troisième voie, groupuscule néo-fasciste dont était proche Esteban Morillo, doivent être déférés en comparution immédiate demain, mercredi, à Agen. Motif : violences aggravées ayant entraîné une incapacité totale de travail de 30 jours dans le cas d'une victime, de trois jours pour l'autre. Motif aggravé par des motivations racistes et l’utilisation ou la menace d’un poing américain. Le groupe Troisième voie est en cours de dissolution, sous l’impulsion du Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, après l’émotion provoquée par la mort de Clément Méric.