Même disparue, Lady Di divise toujours

«Diana» sera dans les salles belges le 25 septembre prochain. Le film évoque les deux dernières années de Lady Di. Il a été tourné par le réalisateur de « La chute », qui évoquait les derniers jours d’Hitler. Oliver Hirschbiegel et ses acteurs présentent « Diana » comme une histoire d’amour.

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Paris

Le parti pris est clair dès les premières images du film : Diana raconte les deux dernières années de la vie de la princesse de Galles, et plus particulièrement son histoire d’amour avec un chirurgien, le cardiologue anglo-pakistanais Hasnat Khan. Quant à Dodi Al-Fayed, il n’aurait été qu’un « accessoire », utilisé par la jeune femme pour susciter la jalousie dans cette relation aussi tumultueuse que compliquée.

Vendredi, soit quelques heures à peine après l’accueil pour le moins incendiaire réservé au long-métrage par la presse britannique, l’équipe du film (Naomi Watts, Naveen Andrews, Oliver Hirschbiegel et le producteur Robert Bernstein) était dans la capitale française pour défendre sa « version » de l’histoire. Tous insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un biopic ni d’un documentaire. « Nous n’avons jamais essayé d’aller dans ce sens, insiste Naomi Watts. Le film est basé sur une série de faits réels, que n’importe qui peut vérifier. Nous nous sommes servis de l’enquête, d’archives et du livre de Kate Snell. » Un livre paru en 2001, intitulé Diana : her last love, et dont l’auteur est, ici, productrice associée.

« C’est une restitution cinématographique, reprend l’actrice. Il est normal, pour n’importe quelle œuvre de la littérature, d’invoquer une licence poétique. Avec ce film, ce n’est pas seulement de la part de l’auteur mais aussi de la part du réalisateur et des acteurs. » Naveen Andrews, l’acteur d’origine indienne qui incarne le chirurgien pakistanais, ne dit pas autre chose. Il voit dans Diana une histoire d’amour pure et simple entre deux personnes. « Hasnat Khan est quelqu’un qui tient beaucoup à sa vie privée. Chercher à le rencontrer aurait été une mauvaise idée. J’ai eu l’opportunité de parler avec des gens qui le connaissent ou qui ont travaillé avec lui à cette époque de sa vie. Ce qui m’a amené à conclure qu’il est particulièrement imperméable aux névroses habituelles de notre XXIe siècle. Il a quelque chose d’old fashioned, une décence qui rassure. »

Une histoire d’amour, c’est ce qu’Oliver Hirschbiegel a voulu réaliser. « Elle a quelque chose de classique, d’intemporel. C’est une histoire d’amour profonde, émouvante, vraie, qui dévoile aussi les conflits et la douleur inhérente, et même l’impossibilité de la vivre. Tout ça me rappelle une tragédie grecque. » Et d’avouer qu’il s’est senti de plus en plus fasciné par le personnage de Lady Di : « Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est de loin le personnage le plus complexe que j’ai croisé jusqu’ici ! »

« Complexe », c’est bien le moins pour qualifier une femme qu’il présente à la fois amoureuse comme une collégienne et capable de manipuler la presse à son avantage, tout en étant créditée d’avoir catalysé la recherche contre le sida et la lutte contre les mines antipersonnel. Comment se prépare-t-on dès lors à jouer un tel rôle ? Surtout qu’il va inévitablement susciter des critiques ? « Nous pensons tous la connaître, répond Naomi Watts. Il y a aussi une telle quantité d’informations disponibles… » L’actrice s’est beaucoup inspirée de la fameuse interview de Martin Bashir, diffusée dans le cadre de l’émission Panorama de la BBC, en 1995. « On y a entendu non seulement beaucoup de choses dont elle voulait parler, à propos de sa vie privée comme de son travail, mais j’y ai trouvé quantité de détails quant à son langage, le son exact de sa voix, ses expressions, ses yeux… C’était important pour moi de me rapprocher le plus possible de la vérité, mais elle est aussi difficile à discerner dans cette masse d’informations. Au-delà des faits établis, vous devez donc aussi tenir compte de ce qui vous semble vrai. »

Curieux ou pas, les producteurs de Diana disent n’avoir subi aucune pression, que ce soit de la part du Palais ou de la famille Al-Fayed. « Certes, ce fut un tournage controversé, en Grande-Bretagne en particulier, reconnaît Robert Bernstein. Chacun a une image particulière de la princesse et pense qu’elle lui appartient un peu. De notre côté, nous avons écrit aux membres de la famille royale pour les informer de la nature du film, de la délicatesse avec laquelle nous traitions l’histoire et de l’avancement du tournage. »

Et Oliver Hirschbiegel précise : « A notre grande surprise, le service de presse du Palais nous a même autorisés à filmer à Kensington Garden et devant le palais de Kensington. »

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