Jérôme de Warzée : Le cactus belge au cœur tendre

Portrait

Avec un crâne parfaitement profilé pour une bonne tenue du casque de chroniqueur radio, Jérôme de Warzée est le « Cactus dans le Waterzooi » de Vivacité, où il pique tous ceux qui se retrouvent en manchette des journaux, des pandas aux Gilles de Binche, sans rater Joëlle Milquet, une de ses victimes préférées.

Le virus de la scène est inscrit dans ses gènes. Son père n’est autre que le comédien et metteur en scène Michel de Warzée. Pourtant, ce n’est qu’en 2004, à l’âge de 33 ans, qu’il s’est décidé à monter sur scène. Il débutera au Koek’s théâtre, enchaînant premières parties et envois de cassettes démos.

A ses débuts, quand il ne joue pas, Jérôme de Warzée donne des cours de conduite. « Je n’étais pas très bon à l’école. Ça m’ennuyait. J’ai arrêté à 16 ans. Je n’ai aucun diplôme. Je ne parle qu’une langue. La seule chose pour laquelle j’étais doué, c’était le Scrabble. Dans une autre vie, j’ai été champion de Belgique de ce jeu. Je voyageais même à l’étranger. Le Scrabble n’est pas réservé au troisième âge. En compétition, il faut des nerfs d’acier ! »

Entre-temps, sa carrière d’humoriste peine à décoller. Il pense l’abandonner au moment où il est pris pour le « Cactus dans le Waterzooi » de Vivacité. Il fallait peut-être attendre la quarantaine pour le voir se révéler totalement. Il parvient enfin à faire rire le plus grand nombre de sa vision noire de la société. Mais aujourd’hui encore, ceux qui le connaissent bien disent de lui qu’il reste avant tout un être profondément gentil, voire un peu naïf…

Son humour noir prend racine dans un esprit cynique, fort d’une vision ironique du monde. La radio lui dévore désormais tout son temps. Il se lève chaque matin en dépouillant la presse et attend la dernière minute pour être sûr de ne pas rater une nouvelle importante avant de monter à l’antenne. Il commence souvent à écrire la veille à 22 heures, ne dort pas plus de 5 heures par nuit et erre dans les couloirs de la RTBF, le bic à la main, jusqu’à l’instant de prendre le micro.

«  J’écris beaucoup car je sais que tout ne sera pas bon. Parfois, je me dis qu’il vaudrait mieux travailler en équipe pour écrire le Cactus plutôt que tout seul. Mais je fais du Jérôme de Warzée. J’ai ma marque de fabrique, même si je pense que dans le Landerneau politique, personne ne me connaît. Ils écoutent la Première ou sont d’accord de rire avec André Lamy mais ils ne font pas attention à moi. Pourtant, je suis celui qui tape le plus sur le clou. Enfin, heureusement pour eux qu’ils ne me répondent pas, sinon je ferais ma semaine avec ! »

Dans ses chroniques, aux Enfants de Chœur ou dans son nouveau spectacle Hautes tensions, il adore mêler les créatures de sketches et les revues de presse cinglantes. « J’aime ce mélange des genres et le public également. Ça personnalise le spectacle et ils pensent que j’ai travaillé pour eux : je vais les chercher !  »

En fait, c’est sur scène qu’il a finalement cédé à sa nature profonde. Face au public, il n’a jamais le trac et quand le rideau se lève, il apparaît parfaitement à l’aise. Pour arriver à ce résultat, Jérôme de Warzée prépare tout. L’impro n’est pas sa tasse de thé, même s’il a la répartie acerbe. Son cerveau est en ébullition permanente, à la limite de l’hyperactivité. L’œil vif, la barbe brillante, l’attention constante… il entretient la forme en ne buvant que de l’eau. Ce régime de sportif cérébral, il en aura bien besoin cette année car en plus de ses chroniques quotidiennes et de son émission dominicale, il s’apprête à monter plus de nonante fois sur scène. Il est généreux Jérôme et quand il aime, il ne compte pas.

Jérôme de Warzée est avec son one-man show Hautes tensions au Centre Culturel de Woluwe-St-Pierre le 26 septembre, à l’Espace Duesberg de Verviers le 5 octobre, au Théâtre Royal de Mons le 8 novembre, à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve le 12 décembre, au Waux Hall de Nivelles le 14 décembre, à la Salle Pierre Rapsat de Welkenraedt le 20 décembre, au Centre Culturel de Tubize, le 18 janvier et au Centre Culturel de Huy le 17 mai. Réservations : www.ticketnet.be.