Le climat n’a pas fini de se réchauffer, dit le Giec

Les scientifiques du Giec, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, et les représentants d’une grosse centaine de gouvernements ont approuvé ce vendredi à Stockholm un rapport très attendu sur l’évolution du climat sur Terre. « Le réchauffement climatique est sans équivoque », indique le document – premier d’une série de trois rapports qui seront adoptés d’ici le printemps prochain. « L’influence humaine est à 95% la cause principale de ce réchauffement depuis le milieu du XXe siècle ».

Sur plus de 2.000 pages de rapport technique, les 259 auteurs qui ont travaillé pour le Giec tirent les conclusions de plus de 9.200 publications scientifiques publiées dans des revues à comité de lecture. Ils ont par ailleurs adopté un « résumé pour les décideurs » : 36 pages longuement lues, relues et corrigées au cours de la semaine qui vient de s’écouler. Depuis leur dernier état des lieux, en 2007, la science climatique a fortement progressé. Les modèles se sont affinés, la connaissance du climat a progressé même s’il reste des incertitudes, et surtout des millions de données permettent de valider les hypothèses théoriques. Ainsi, les constats de 2007 sont confirmés et amplifiés.

Principaux enseignements

Les conclusions du Giec sont sans équivoque. « L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, écrivent-ils. La quantité de neige et de glaces a diminué, le niveau moyen de la mer s’est élevé et les concentrations de gaz à effet de serre ont crû ». Les calottes du Groenland et de l’Antarctique se sont amincies, les glaciers ont continué de se rétracter « presque partout dans le monde » et la surface de la banquise arctique s’est réduit. Globalement, la température a augmenté de 0,85° sur la période 1880-2012.

Rétorquant implicitement à ceux qui évoquent une « pause » dans le réchauffement au cours de ces quinze dernières années, les experts reconnaissent que le réchauffement entre 1998 et 2012 s’est poursuivi à un rythme moins accéléré que la moyenne calculée depuis 1951. Mais ils précisent que « chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude que les précédentes depuis 1850 ». Le rapport précise par ailleurs que la température à la surface est influencée par la variabilité naturelle, notamment les épisodes climatique dans l’océan Pacifique (El Nino). Enfin, soulignent-ils, « l’énergie stockée dans le système climatique a été absorbée à plus de 90% dans les océans entre 1971 et 2010 ».

Et cela ne va pas s’arrêter, alertent-ils : « Les concentrations de gaz à effet de serre accroîtront le réchauffement » et provoqueront « des modifications dans toutes les composantes du système climatique ». Selon les scénarios, la température moyenne à la surface de la Terre devrait augmenter de 1 à 3,7° d’ici la fin du siècle. Et encore ne s’agit-il que d’une prévision moyenne assortie de probabilités ; la limite supérieure de certains scénarios va au-delà, jusqu’à 4,8°. La certitude s’accroît, mais les fourchettes restent très « ouvertes », résultat de l’utilisation de scénarios socio-économiques fort éloignés.

Les conséquences du réchauffement ?

« Les vagues de chaleur seront très probablement plus fréquentes et plus longues. A mesure du réchauffement de la Terre, les régions habituellement humides recevront plus de précipitations tandis que les régions les plus sèches en recevront moins, bien qu’il y aura des exceptions régionales ». Le niveau moyen de la mer continuera à s’élever, « mais à un rythme plus rapide que celui des quarante dernières années ». Le niveau moyen pourrait s’élever de 40 à 63 centimètres ; 82 pour le scénario le plus pessimiste, 26 pour le plus optimiste. Il faut noter que la hausse est très variable en fonction des lieux du globe. Les océans vont enfin continuer de se réchauffer au cours du XXIe siècle ; cela affectera les courants marins.

Limiter le changement climatique « nécessitera des réductions substantielles et soutenues des émissions de gaz à effet de serre », indiquent les experts. Mais qu’on ne s’y trompe pas, « les effets du changement climatique persisteront pendant de nombreux siècles même si les émissions de CO2 venaient à s’arrêter ».

Si l’on passe le rapport diffusé par le Giec à la moulinette Wordle, voici le mots qui ressortent :