Slimane réinterprète les basiques Saint Laurent

Parmi les filles sur le podium, des crinières blondes font penser à l’égérie d’Yves Saint Laurent, Betty Catroux, toujours au premier rang du défilé d’Hedi Slimane, qui présentait sa troisième collection pour la maison. « Tout ce qu’il fait m’enchante. (…) J’ai une passion pour Hedi. Je ne porte que Hedi », a dit Betty Catroux en sortant du défilé. Elle montre sa veste cloutée, de la dernière collection masculine de Slimane.

Pour le printemps/été 2014, les jupes, pour beaucoup en cuir, sont très mini et près du corps. Hedi Slimane continue avec les pantalons slims, qui ont fait de lui une star chez Dior homme dans les années 2000.

De la brillance et de la transparence : les basiques revisités

Des robes et des vestes brillent. Le costume à fines rayures de l’homme, signature masculin/féminin d’Yves Saint Laurent, est réinterprété : le pantalon est remplacé par une mini-jupe et surtout les rayures par des broderies qui scintillent.

Le noir domine, mais il y a aussi de la couleur, comme une robe rose, un haut assez pop à rayure noires et roses porté avec une jupe léopard, une robe verte flashy qui détonne, une bleue au haut asymétrique et évasée sur le bas, une lamée dorée.

Pour Tancrède de Lalun, acheteur pour le grand magasin le Printemps, « c’est le vestiaire d’une fille moderne ». Hedi Slimane est « dans l’air du temps, tout en revisitant des basiques Saint Laurent », dit-il. Le tout est très « années 80 » et aussi « très habillé », avec du satin coloré par exemple.

La sophistication et la séduction discrète chez Stella McCartney

Avant le show Saint Laurent, c’était plutôt des élégantes sophistiquées qui avaient défilé sur les podiums. Stella McCartney a imaginé une femme à la séduction discrète. Il y a beaucoup de transparence, mais juste pour dévoiler le galbe de la jambe. Ainsi une jupe marine courte près du corps, se prolonge en un voile, qui peut être retiré. Paul McCartney est au premier rang du défilé, dans les salons de l’Opéra Garnier.

Des motifs qui donnent l’impression d’une peau de crocodile sont appliqués sur de l’organza. Des fleurs recouvrent plusieurs silhouettes, notamment sur des robes en dentelle.

Giambattista Valli et Elie Saab, l’élégance en transparence

Chez Giambattista Valli, la femme se dévoile davantage, mais tout en restant élégante, comme toujours chez ce créateur italien. Les premiers mannequins portent des jupes-shorts avec des brassières, une pièce récurrente dans ces défilés parisiens. Valli aussi a beaucoup travaillé sur la transparence : des robes laissent voir shorts et brassières noirs (à moins qu’il s’agisse de maillots de bain sobres et très années 50). Les jupes longues sont très échancrées, voire ouvertes jusqu’à la taille. Malgré tout cela, la collection est plus romantique que sexy, avec dentelles, pétales de fleur brodés et épis de blé dorés.

Le Libanais Elie Saab dévoile lui aussi le corps féminin, grâce à un subtil chassé-croisé de transparence et de dénudés. Il explore tissus aériens, soies, dentelles, fleurs brodées, paillettes et cristaux. La collection est inspirée des fleurs et du jardin. La dentelle de Chantilly est omniprésente. Un modèle conçu à partir de dentelle constitue d’ailleurs la base de la collection : des roses multicolores en pleine floraison.