«ArcelorMitraille» entre en piste

Mis à nu, le terrain de 23 hectares, auxquels s’ajoutent les 3 ha de la Paire Ramoux situés entre le fleuve et la voie rapide, seront assainis par ArcelorMittal pour « un usage industriel » explique-t-on au sein du cabinet du ministre wallon de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. Philippe Henry (Écolo) se réjouit de la « démarche volontaire d’assainir » du sidérurgiste qui évite ainsi tout recours et conflit.

Par la suite, la centrale énergie, située en contrebas du HF6, sera à son tour détruite. Il faut en effet attendre que le futur repreneur de la cokerie construise une nouvelle centrale énergie à côté de la fabrique de coke pour libérer les derniers 2,3 ha du périmètre du HF6. Au final, l’action d’« ArcelorMitraille » aboutira donc au dégagement de 25 hectares.

«  Dans le Master Plan, une partie importante de ces terrains devait servir à créer du logement mais cela peut évoluer », explique le bourgmestre de Seraing Alain Mathot. C’est la Soligest – Société foncière détenue pour moitié par la Région et ArcelorMittal – qui recevra les terrains assainis et qui sera chargée de les valoriser. Selon plusieurs observateurs, l’ensemble de l’opération devrait s’étendre sur une période de 5 à 7 ans.

Toujours selon l’accord, le reste des outils du chaud est mis sous cocon. « Nous devons encore obtenir des garanties juridiques car une procédure de cessation d’activités avait été lancée et nous souhaitons que ce ne soit pas le cas si reprise il devait y avoir », déclare Jean-Luc Rader, permanent FGTB. La mise sous cocon durant la période de validité de l’accord (cinq ans) signifie qu’Arcelor Mittal renonce à démanteler et assainir les sites d’Ougrée et de Chertal (210 hectares). Au risque de voir le propriétaire se défiler lorsqu’il sera question d’entériner la fin d’activité et de lancer l’assainissement ? « Non, estime Jean-Luc Rader. Les obligations légales de démantèlement et de dépollution sont juste suspendues. »

La mise sous cocon concerne également les travailleurs. Ceux qui possèdent les compétences techniques indispensables en cas de relance (la FGTB y croit toujours, s’appuyant sur un rapport du groupe Eurofer qui entrevoit une reprise du marché de l’acier) seront sortis de l’entreprise et placés dans une formule de formation. Le chiffre de 200 travailleurs est évoqué. « C’est encore trop tôt pour le dire, cela fera partie des négociations sociales qui démarrent lundi prochain », explique Jordan Atanasov, permanent CSC.