Iran: «La manifestation des jeans» se moque de Netanyahou

Le Premier ministre israélien s’est attiré les foudres de la jeunesse iranienne à la suite d’une interview accordée dimanche soir au service en langue perse de la BBC. « Je pense que si les Iraniens étaient libres, ils porteraient des jeans, écouteraient de la musique occidentale et participeraient à des élections libres », a-t-il déclaré à la chaîne.

D’après les analystes du New York Times et du journal israélien Haaretz, les propos de Benjamin Netanyahou relèvent d’une tentative maladroite de dresser la jeunesse de la République islamiste contre le président nouvellement élu Hassan Rohani. Or, le résultat escompté est exactement l’opposé de ce que le Premier ministre israélien attendait probablement à l’issue de cette interview.

Une page Facebook intitulée « Nos jeans dans la gueule de Netanyahou. Bibi fait attention » a été ouverte peu de temps après. Les jeunes y postent des messages et d’images d’eux en jeans. A ce jour, elle est suivie par plus de 600 internautes.

« Nous portons des jeans Mr Netanyahou, nous écoutons de la musique américaine mais vous ne savez rien sur l’Iran et ses gens », « J’espère qu’un styliste iranien va s’inspirer pour créer une nouvelle marque appelée « BIBI », « Eh ! Netanyahou, je parie que vous ne le saviez pas… les jeans sont démodés en Iran maintenant, nous préférons les slims et les leggings colorés, même en centre-ville ! », témoigne la jeunesse iranienne sur Facebook et Twitter.

« Bibi est en retard de presque 30 ans »

Même si les femmes iraniennes doivent observer le port du voile et font l’objet de nombreuses restrictions vestimentaires, le port des jeans fait partie de la vie quotidienne de la population. Par ailleurs, cette pièce a été seulement interdite temporairement à la suite de la Révolution islamique de 1979. Alors que les jeans étaient perçus comme un symbole des États-Unis et comme une revendication des valeurs de l’Occident.

Quant à la musique occidentale, il est vrai que son expansion se heurte aux règles fixées par la République islamique. Selon le correspondant à Téhéran du New York Times, à l’exception des émissions de fitness, les radios publiques de la capitale ne peuvent pas diffuser de musique occidentale. Mais l’interdiction est en fait peu respectée notamment grâce à un accès de plus en plus aisé à internet- dans les restaurants, les magasins et les lieux publics.