Demandeur d’asile abattu en Afghanistan: «Erreur objective de la Belgique»

Aref, un demandeur d’asile afghan âgé de 22 ans reparti volontairement dans son pays d’origine début 2013, y a été abattu par balles en plein jour il y a environ 5 mois. Sa demande d’asile avait été rejetée en 2012, a indiqué mardi son avocat Ivo Flachet, membre du collectif ’Progress Lawyers Network’. Ce dernier conclu à une erreur objective commise par l’État belge à l’encontre de son client, qui se savait en danger de mort.

Pression

Aref était arrivé en Belgique en 2009 et avait introduit à 4 reprises des demandes d’asile qui ont toutes été rejetées. En 2013, il a accepté un retour en désespoir de cause. Selon l’avocate Selma Benkhelifa, également membre de ’Progress Lawyers Network’, on ne peut pas parler de retour volontaire dans la mesure où l’appareil d’État a exercé une telle pression sur le jeune homme qu’il a finalement accepté de rentrer chez lui contre son gré.

«  Nous demandons un moratoire sur le renvoi des demandeurs d’asile vers des pays en guerre. Les hommes en âge de combattre sont la cible principale des talibans et des milices armées. La Belgique n’a jamais expulsé de demandeurs d’asile afghans entre 1999 et 2010. Depuis 2010, l’État belge a changé de politique à leur égard pour des questions de politiques internes. Or, tous les indicateurs démontrent que depuis cette date, la situation en Afghanistan a empiré », a expliqué Selma Benkhelifa.

Le jeune Afghan qui a été tué en Afghanistan après le rejet de sa demande d’asile était retourné volontairement dans son pays d’origine, a déclaré mardi Dirk Van den Bulck,, sur les ondes de Radio 1.

La demande d’asile en Belgique du jeune Afghan avait été rejetée en 2012 en Belgique, selon l’avocat Ivo Flachet, membre du collectif ’Progress Lawyers Network’. L’avocat appelle à un moratoire sur le renvoi des demandeurs d’asile vers des pays en guerre.

« Retourner volontairement en Afghanistan et mourir »

« L’erreur d’appréciation du CGRA et la politique de retour volontaire de Maggie De Block ont tué un homme », s’indigne dans un communiqué de presse « Le collectif des afghans », qui manifeste depuis plusieurs semaines en Belgique dans le but d’obtenir des cartes de séjour

« Pas un signe que la politique doit être révisée »

«  Les circonstances de la mort ne sont pas encore connues, mais ce n’est pas nécessairement un signe que la politique doit être révisée », a indiqué sur les ondes de Radio 1, Dirk Van den Bulck. «  La Belgique est très prudente dans l’évaluation des demandes d’asile, chaque dossier est examiné scrupuleusement et la situation en Afghanistan est examinée de manière très approfondie. »

M. Van den Bulck estime qu’il n’est pas opportun de refuser systématiquement le renvoi de demandeurs d’asile vers des pays en guerre. «  Nous devons évaluer chaque pays en tenant compte de la situation réelle sur le terrain », précise-t-il. «  La situation en Syrie est différente de celle en Afghanistan. Pour la Syrie, le taux de reconnaissance atteint 95 %, mais la situation en Afghanistan est différente. »