Le confort s’invite à la nouvelle prison de Marche-en-Famenne

Le Premier ministre Elio Di Rupo, accompagné de la ministre de la Justice Annemie Turtelboom et du secrétaire d’État en charge de la Régie des bâtiments Servais Verherstraeten, ont inauguré la nouvelle prison de Marche-en-Famenne.

Destinée à accueillir 312 détenus, cette nouvelle prison est la première réalisation du Masterplan destiné à diminuer la surpopulation carcérale en Belgique, mais aussi améliorer les conditions de vie des détenus.

Turtelboom  : un cadre de vie sécurisé, mais « digne »

Installé sur un terrain 16 hectares situés au nord de Marche, l’établissement pénitentiaire entend offrir un cadre de vie sécurisé, mais «  digne », afin de diminuer le comportement agressif des détenus.

« Seule une approche plus humaine (de la détention) peut diminuer la récidive, et donc les risques pour la société », a fait valoir Mme Turtelboom.

Les 312 détenus (300 hommes et 12 femmes) du site bénéficieront ainsi de cellules lumineuses et décorées de couleurs vives, ainsi que de douches individuelles.

Une bibliothèque, une salle de sport couverte et une autre extérieure ont été prévues, de même que des salles de cours et des ateliers où 150 prisonniers pourront travailler en vue de préparer leur réintégration dans la société.

La prison intègre aussi une salle pour le tribunal d’application des peines (TAP) ainsi que la chambre du conseil afin de limiter les transferts des détenus.

Voir la brochure de la Régie des Bâtiments

Di Rupo : « Un lieu de transition vers une autre vie »

Dans son discours d’inauguration de la prison, le Premier ministre Elio Di Rupo a rappelé que des nouvelles prisons sont attendues, notamment à Anvers et Bruxelles et d’autres sont en cours de discussion, comme à Sambreville et que d’autres se finalisent comme à Leuze-en-Hainaut. Il a aussi tenu à travailler le travail des personnel pénitencier.

«  La plupart des détenus finiront un jour par sortir. Notre objectif, c’est bien entendu qu’ils puissent se réinsérer le plus harmonieusement possible. Pour cela, nous devons, dès le premier jour d’incarcération, entamer un travail avec les personnes… Ce nouvel établissement se veut un établissement sécurisé mais humain, une prison paysage, construite dans une recherche de confort pour les gardiens et pour les détenus. Cet établissement pénitentiaire sera, je l’espère pour le plus grand nombre, un lieu de transition. Une transition vers une nouvelle », a souligné Elio Di Rupo.

Menace de grève

Cette inauguration intervient toutefois sur fond de tensions sociales, les syndicats des gardiens reprochant plusieurs manquements sécuritaires au nouveau bâtiment qui doit accueillir ses premiers détenus le 4 novembre prochain.

Des militants de la CSC étaient présents pour accueillir le Premier ministre et réaffirmé leur crainte quant au fonctionnement de la nouvelle prison.

En effet, la CSC Service Publics a déposé mardi soir un préavis de grève, fustigeant « les conditions de sécurité déficientes de la nouvelle prison et le manque de personnel ». Selon le syndicat, le poste de commandement intégré – centre sur lequel repose toute la sécurité du bâtiment – n’est pas encore opérationnel, les détecteurs périmétriques sont défaillants, de nombreuses portes ne fonctionnent pas correctement et les speed gates qui doivent permettre la fermeture rapide des portes en cas d’alarme ne fonctionnent pas non plus.

Par ailleurs, « le consortium s’était engagé à mettre à disposition de l’établissement des formateurs pour assurer la gestion de l’outil informatique complexe. À ce jour, cet outil n’est toujours pas maîtrisé », avait expliqué le permanent CSC Serge Deprez, selon qui il est impossible que tous ces travaux soient effectués avant d’accueillir les premiers détenus.

Laurent Sempot, le porte-parole de l’administration pénitentiaire a d’ailleurs répondu au syndicat chrétien en lui assurant que la prison sera prête en temps et en heure.« Nous sommes actuellement en phase de test afin d’identifier les problèmes et y trouver des solutions. Nous avons reçu des garanties que tout sera prêt en temps et en heure », a affirmé Laurent Sempot.