Dépression saisonnière: «Certaines personnes sont plus fragiles face à la baisse de luminosité»

D’après Jérôme Vermeulen, psychologue clinicien, la dépression saisonnière peut être évitée par des simples gestes quotidiens pendant les périodes sombres. Cette maladie peut-être également traitée par la photothérapie, à utiliser avec modération et toujours sous la surveillance d’un médecin.

JK et Pascale : en quoi consiste la dépression saisonnière et quels sont les symptômes principaux ?

« Il s’agit d’une dépression liée à la baisse importante de luminosité en hiver. En Belgique, on peut avoir jusqu’à 20 fois moins de luminosité en comparaison avec l’été ! On peut l’identifier à travers des symptômes classiques de la dépression : baisse d’énergie, humeur négative, problèmes de sommeil mais aussi l’irritabilité. Elle peut aussi être associée à des accès de boulimie ou de grignotage ».

Pascale : mais comment fait-on alors la différence entre une dépression saisonnière et une dépression classique ?

« La particularité de la dépression saisonnière est d’apparaître de manière cyclique, chaque année. Notamment entre les mois d’octobre et novembre, puis entre mars et avril. Classiquement, la dépression saisonnière disparaît au retour des beaux jours ».

Jérémie : qui est susceptible de souffrir de cette maladie ?

« Certaines personnes semblent être plus fragiles par rapport à la baisse de luminosité. On parle d’environ 5 à 6 Belges sur 100, et plutôt des femmes. Ce qui est important, c’est d’arriver à identifier le problème. De plus, le fait de trop travailler, et à l’intérieur, explique partiellement des problèmes de dépressions saisonnières. Le travailleur n’est pas suffisamment exposé aux bonnes heures de la journée à la lumière du jour ».

Céline : le fait de se promener une ou deux heures pendant les journées très ensoleillées semble marcher chez moi. Est-ce une idée que je me fais ?

« Ce n’est pas une idée, c’est une excellente manière de prévenir des soucis potentiels ! Les promenades dans la nature ayant démontré par ailleurs d’excellentes qualités pour le moral et la santé, en dehors même du problème de lumière. Il existe également des appareils de photothérapie très au point, mais à ne pas utiliser n’importe comment ! »

Pascale : la luminothérapie marche-t-elle vraiment ?

« Oui. Elle marche vraiment et est basée sur des études rigoureuses (physique, médecine, psychologie, endocrinologie…) elle consiste à stimuler la rétine avec une lumière d’une longueur d’onde très particulière qui rappelle la lumière du soleil ».

Ben : il n’y a pas d’effets nocifs de l’utilisation de ce genre d’appareils ? Est-ce mauvais pour la rétine ?

« Il faut toujours en parler à son médecin car il y a des contre-indications très claires, par exemple dans le cas des rétinites, les cataractes, ou encore, les opérations au laser. La rigueur est de mise ».

Daniela : comment peut-on lutter contre cette dépression sans devoir s’exposer à de la lumière artificielle ?

« D’abord avoir de bonnes habitudes de vie tant que possible : aller dormir assez tôt, ne pas rester devant la télé ou l’ordinateur jusqu’à 23h30, se promener au soleil vers midi ou 13h comme le disait Céline et enfin, respecter son corps et ses rythmes d’hiver ».