Les familles nombreuses pourraient être pénalisées

A Charleroi, le conseil communal d’après Toussaint promet de solides passes d’armes entre la majorité PS-MR-CDH et l’opposition Ecolo-PTB. En cause : l’augmentation du coût hebdomadaire des garderies scolaires et le nouveau système de perception de la quote-part parentale. « Avant, il y avait un tarif dégressif en fonction du nombre d’enfants avec un prix maximal de 1,75 euro », observe le président du PTB de Charleroi Germain Mugemangango. « Depuis la rentrée de septembre, il n’y a plus de dégressivité et le prix de la garderie du mercredi après-midi est monté jusqu’à 4 euros par enfant. » Conséquence ? « Ce nouveau mode de calcul génère une hausse de 53 % pour une famille avec 2 enfants dont les parents travaillent à temps plein  », selon la conseillère communale Sofie Merckx (PTB). « Et 84 % si ce même ménage élève 3 enfants. Soit, sur une année complète, une ardoise de 843 euros au lieu de 456. »

Et ce n’est pas le seul effet pervers du nouveau dispositif voté en juin dernier par la majorité communale. Afin de mettre un terme aux manipulations d’argent dans les écoles, il a aussi été décidé de facturer trimestriellement le coût des garderies et d’en exiger le paiement par virement bancaire plutôt qu’au jour le jour.

« Quand elles vont recevoir leur décompte de frais, les familles nombreuses risquent d’avoir de mauvaises surprises. Que va-t-il se passer si l’une d’elle est dans l’incapacité de s’en acquitter parce qu’elle n’a pas constitué de provision ? » C’est l’une des questions que la conseillère communale PTB compte poser à l’échevin de l’Enseignement Serdar Kilic (PS). Pas question en effet de refuser aux enfants l’accès aux garderies comme la ville est en droit de le faire pour ses plaines de jeux. « L’accueil des enfants le matin, le midi et le soir est une obligation légale  », insiste le PTB qui craint une explosion du contentieux.

De son côté, le groupe Ecolo attend de la clarté sur les chiffres de fréquentation des garderies du mercredi après-midi. Xavier Desgain qui observe que « le nombre d’enfants a nettement baissé » s’inquiète de l’impact sur l’emploi.

Dans une note de la direction de l’enseignement et de l’animation de Charleroi, il apparaît que 95 % des 30.850 enfants qui fréquentaient en 2010 l’une des 140 implantations scolaires de l’entité étaient en garderie à midi, et 30 % le matin et le soir. La mise en application du nouveau système de paiement va non seulement pénaliser financièrement leurs parents, mais pourrait entraîner la suppression de postes parmi les 659 surveillantes, selon l’opposition. D’autres villes ont fait le choix d’offrir ce service gratuitement aux familles : « à Liège, les garderies non payantes sont assurées entre 7 et 18h pour environ un tiers des 25.000 élèves fréquentant un établissement scolaire », note Sofie Merckx.

Pour le président du PTB Germain Mugemangango, « la réorganisation administrative et financière du service à Charleroi frappe à nouveau le portefeuille des ménages. Après la suppression des repas chauds de midi dans les centres aérés, après la suppression du transport vers les plaines, ce sont les garderies qui font l’objet de l’austérité. Il y a de quoi se demander si les familles jeunes avec enfants sont encore les bienvenues dans notre ville », lance-t-il. Ambiance !