La «tirette» bientôt obligatoire

Vous ne connaissez pas le principe de la tirette ? Il s’agit du passage en alternance des voitures en cas de rétrécissement routier. Le terme s’était diffusé en juin dernier : une proposition de loi pour rendre ce principe obligatoire avait alors été déposée par le CD&V, le CDH, le MR et l’Open-VLD.

« Le projet va se concrétiser d’ici fin décembre », a annoncé le cabinet du secrétaire d’État à la Mobilité, Melchior Wathelet (CDH). Le non-respect de la tirette entraînera une amende de 55 euros : « Il s’agit d’une infraction au premier degré, car on considère que c’est une règle de courtoisie », explique Sophie Van De Woestyne, porte-parole.

« Actuellement, lorsque deux bandes se regroupent en une, les automobilistes ont tendance à se rabattre très rapidement sur la bande restante, laissant l’autre complètement vide sur plusieurs centaines de mètres. L’adaptation du code de la route incitera les conducteurs à aller jusqu’à l’obstacle », détaille-t-on encore au cabinet Wathelet. « Cela aura des conséquences purement pratiques : moins de files et davantage de fluidité du trafic. »

Benoît Godard, porte-parole de l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR), remarque aussi l’avantage de la tirette en termes de fluidité du trafic. Il ajoute un intérêt sécuritaire : « Cela devrait permettre d’éviter les accrochages. »

Danny Smagghe, le porte-parole de Touring, renchérit : « Beaucoup de gens trouvent que c’est asocial de rester sur la bande jusqu’au rétrécissement, sans se rabattre sur la voie restante. Alors qu’on a démontré que les files diminuent, si on applique correctement le principe de la tirette  ! »

Des configurations précises

« Le principe ne sera pas généralisé », nous dit-on chez Touring. Il faudra déterminer très clairement, dans le code de la route, les configurations dans lesquelles la tirette s’applique. Danny Smagghe donne quelques exemples : « C’est souvent le cas sur des routes nationales, où il y a deux bandes dans chaque sens, qui se réduisent à une lorsqu’il y a un feu rouge. Cela pourrait également être utile en cas de chantier interminable, comme sur l’E42 où il y a souvent des rétrécissements. »

En ce qui concerne l’amende de 55 euros, Benoît Godard analyse : « Il s’agit simplement de convaincre les conducteurs. C’est dans leur intérêt de respecter la tirette. » Chez Touring, le porte-parole précise : « Si on modifie le code de la route, il faut forcément prévoir une amende pour le cas où on ne respecte pas la règle. Mais je pense aussi que cette amende sert surtout à sensibiliser les gens. La tirette est vraiment une habitude à prendre. »

L’obligation de la tirette ne demandera pas l’installation d’un nouveau panneau. « Comme le code devra stipuler très clairement toutes les configurations, les conducteurs devront le savoir. Des panneaux de sensibilisation peuvent toutefois être placés pour les tronçons où il y aurait des doutes sur la légitimité de la tirette », explique encore Danny Smagghe. À Asse, en Flandre, un panneau de sensibilisation est déjà installé. Au cabinet Wathelet, on précise : « Les automobilistes ne peuvent pas lire plein de panneaux en même temps, donc il faut éviter d’en ajouter si c’est possible. »

La tirette est donc un réflexe à acquérir le plus tôt possible.