L’Allemagne visée pour la première fois par une procédure en «déséquilibre excessif»

La Commission européenne a initié mercredi des procédures en déséquilibre excessif à l’encontre de seize pays membres. Pour la première fois depuis que ce mécanisme a été lancé il y a trois ans, l’Allemagne est dans le collimateur. Non pas en raison de ses déficits, mais de ses excédents.

La procédure en déséquilibre excessif consiste à alerter de façon précoce les pays si certains de leur indicateurs macro-économiques se teintent d’un rouge ou d’un vert trop foncé. La Commission a averti chaque année plus d’une dizaine d’États membres, dont la Belgique, en raison notamment d’une compétitivité insuffisante ou d’une dette trop élevée.

Pousser l’euro à la hausse

Pour la première fois, elle a averti l’Allemagne, dont plusieurs indicateurs excèdent les seuils indicatifs. L’attention se porte en particulier sur le solde courant, qui reflète la bonne santé des exportations. Si la plupart des pays sont en déficit, l’Allemagne enregistre ici un excédent durable et important (6,5% du PIB en moyenne sur les trois dernières années). Cet excédent risque de pousser l’euro à la hausse et d’accentuer les difficultés des pays périphériques, avertit la Commission.

Le président de l’exécutif européen, José Manuel Barroso, a toutefois veillé à ménager la plus importante économie de la zone euro. «Le problème n’est pas la compétitivité de l’Allemagne», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse. La procédure «ne devrait pas être interprétée comme un désaccord avec la politique de compétitivité allemande». Au contraire, «nous avons besoin de plus d’Allemagnes en Europe», a-t-il dit.