Décès de Kate Barry: «La fille derrière l’ombre»

La célèbre photographe Kate Barry se retrouve malgré elle sous le feu des projecteurs. À 46 ans, elle aurait décidé de mettre fin à ses jours en se défenestrant du 4e étage d’un immeuble parisien du XVIe arrondissement. Le drame est survenu mercredi vers 18h30. « On a entendu un bruit sourd dans la cour intérieure », ont raconté les voisins. Cette Britannique de naissance, française de cœur, « avait envie de pleurer » à l’idée de voir son image en couverture des magazines et des journaux parisiens. Aujourd’hui, c’est à la Ville lumière de pleurer la disparition de son triste regard et son corps élancé.

Très réservée, Kate Barry était probablement la moins connue d’une famille de musiciens et d’acteurs. Née le 8 avril 1967 à Londres de la brève relation entre la chanteuse et comédienne Jane Birkin et le compositeur John Barry, elle était également la petite-fille de l’actrice Judy Campbell. La photographe a partagé une bonne partie de son enfance et de son adolescence avec ses deux demi-sœurs, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, toutes les deux aussi célèbres que leurs progéniteurs. Contrairement à sa famille, et comme elle aimait bien le dire, Kate Barry « s’est construite en négatif ». Elle préférait ainsi se trouver derrière «l’ombre » des objectifs des caméras et inverser le rôle de la muse par celui de l’artiste.«  Pour accepter de donner son visage à l’autre, il faut une confiance que je n’ai pas. Enfant, j’ai été beaucoup photographiée. Ça a dû laisser quelque chose », avait-elle dit à Libération lors d’une interview en 2012.

Sa vie et son combat

Toutefois, ce n’est qu’à ses 30 ans que la jeune femme, habillée souvent à la garçonne, s’est lancée dans la maîtrise des clichés et de la pellicule. Malgré ses études de stylisme à la Chambre syndicale de la haute couture parisienne à Paris, Kate Barry préférait immortaliser la beauté des femmes au lieu de la façonner.

À seulement 19 ans, la naissance de son fils Roman la motive à se battre contre son addiction aux drogues, à l’alcool et à la prise de médicaments. Elle décide alors de créer un centre alternatif de soins des toxicomanies, toujours existant, suscitant publiquement la fierté de sa mère et de ses demi-sœurs. «  Je connais peu de personnes qui ont donné dix ans de leurs vies pour une cause », avait déclaré Jane Birkin à sa fille sur le plateau de l’émission Vivement dimanche. «  Tu as sauvé plus de personnes que je n’ai distribué de dîners chauds aux Restos du cœur ».