Le plan alcool est rejeté

Les 22 ministres n’ont finalement pas pu se mettre d’accord sur le plan alcool. Deux mesures sont en cause : l’interdiction de vente d’alcool dans les distributeurs et la clarification de la législation de vente d’alcool aux mineurs. Sur ces deux points, certains ministres libéraux bloquaient toujours.

Le plan, pourtant déjà fortement allégé, n’a donc pas été approuvé, faute de consensus. Conséquence : aucun plan de lutte contre la consommation nocive d’alcool ne devrait passer sous cette législature.

Les mesures qui étaient prévues dans le plan alcool

Mesurer, analyser, soutenir

Un nombre important d’actions du plan concerne la mesure de différentes réalités liées à la consommation d’alcool. Ainsi, il s’agira de collecter et d’analyser les données des demandes de traitement, de mesurer la proportion de patients souffrant de problèmes d’alcool chez les médecins généralistes, d’enregistrer toutes les admissions aux urgences pour des problèmes d’alcool, ou encore de rapporter la quantité d’hectolitres d’alcool pur mis à la consommation annuellement. Des chiffres inconnus à l’heure actuelle. Parallèlement, une part significative des mesures du plan est de l’ordre du « soutien » : soutien du développement de l’aide alcool en ligne, soutien aux « Points d’Appui Assuétudes », soutien de la prise en charge des personnes en crise liés à la consommation d’alcool dans le secteur de la santé mentale. La traduction concrète et surtout financière de ces nombreux « soutiens » n’est pas mentionnée…

Sensibiliser, sensibiliser

La diminution de la consommation problématique d’alcool passera par des actions de sensibilisation, s’il faut en croire le plan. En ce qui concerne la publicité, puissant incitant à la consommation, les autorités n’ont pas ouvert le débat d’une éventuelle interdiction. Elles s’en tiennent à la convention d’autorégulation du secteur qui sera évaluée. En 2015, une « étude sur la publicité et la commercialisation des boissons alcoolisées en Belgique » sera réalisée. Suivie, en octobre 2016, d’une « décision politique ». On intensifiera la sensibilisation dans les écoles, soutiendra le label « Quality Nights » (distribution d’eau et de bouchons d’oreille dans les lieux festifs), les actions dans les festivals. On envisage la création de cellules d’appui spécialisées « alcool » dans les hôpitaux et la formation des professionnels confrontés à des enfants ou des proches de personnes alcooliques.

Intensifier les contrôles routiers

Les « Etats généraux de la sécurité routière » le demandaient : un automobiliste sur trois devrait subir un alcootest par an. Cela signifie qu’il faut effectuer 2.100.000 contrôles d’alcoolémie annuellement. On n’y est pas, même si les contrôles se multiplient. Grâce aux nouveaux équipements utilisés par la police, « les contrôles d’alcoolémie pourront se dérouler de manière beaucoup plus efficace et plus rapide », indique le plan. Si les chances objectives et subjectives d’être pris sont augmentées, « le comportement humain dans le trafic évoluera à court terme ». Le test sera systématique en cas d’accident corporel. Objectif : diminuer de moitié par rapport à 2012 le nombre de cas de conduite sous influence de l’alcool. Pour arriver à des maxima de 0,8 % en semaine (3,6 % pour les nuits) et le week-end (1,2 % en journée, 4 % pendant les nuits).

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