Afghans: la situation pourrit à Mons

Six Afghans sont allongés ce matin, dans une des deux tentes que la Croix Rouge a aménagées ce matin à 5 heures. La Ville de Mons leur apporte un soutien en les encadrant. «  Le CPAS leur a fourni des boissons chaudes et des gaufres ce matin », explique Shahiness Benabdelouahed, porte-parole de la Ville. «  Ce midi, ils auront des sandwiches et des boissons chaudes. Le CPAS, la Croix-Rouge et la protection civile sont sur le qui-vive. » Une personne au moins a été emmenée en clinique.

Selon cette dernière, les marcheurs sont très calmes. «  Aucun incident n’a été déploré. Ils refusent toutefois toujours de profiter d’une salle chauffée », précise-t-elle.

Aucune rencontre n’est prévue dans la journée avec Elio Di Rupo. Deux raisons sont invoquées et précisées par la porte-parole de la Ville : «  Non seulement, politiquement, il est impossible de prendre une décision unilatérale. Maggie De Block souhaite en effet que les cas soient étudiés individuellement. En outre, il y a dans ce cas un mélange des matières locales et fédérales. Si le Premier ministre les rencontre ici, tout le monde débarquera à Mons lorsqu’il y aura un problème fédéral ».

« Les dossiers individuels seront rapidement étudiés »

« Elio Di Rupo a discuté de ce sujet avec Maggie De Block, la secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration. Il en ressort que les dossiers individuels seront rapidement étudiés », a affirmé Marc Barvais.

Cette position est loin de contenter les Afghans et les associations se battant pour leur situation. «  Ce que l’on veut, c’est que l’on nous garantisse qu’il n’y aura plus d’expulsion et que ces personnes aient donc droit à des papiers ne serait-ce que temporaires », précise Grégory Meurant, du soutien collectif.

Plan communal d’urgence

Devant leur ténacité de vouloir rester à Mons, les politiques locaux ont proposé une salle chauffée pour que les 350 Afghans puissent y passer la nuit. Ceux-ci ont pris la décision de refuser.

La Ville de Mons a décidé dimanche en fin de soirée d’enclencher son plan communal d’urgence afin d’encadrer les 350 Afghans ayant pris la décision de passer la nuit devant l’Hôtel de Ville de la cité hennuyère. « Les différents services, comme la police mais aussi l’aide médicale, se tiennent prêts. Dans ce cas-ci, il s’agit surtout de pouvoir leur amener des couvertures, de la nourriture… », explique Juliette Picry, porte-parole de la Ville de Mons.

Les Afghans ont passé la nuit sur la Grand-Place de Mons

Le collège communal montois dit regretter vivement cette situation.« Elle ne sera pas sans conséquence pour la santé des personnes qui ont décidé de passer la nuit dehors », estime-t-il. Les manifestants ont en effet refusé la proposition de la Ville de mettre à leur disposition une salle chauffée.

C’est dans la ville du Premier ministre que se terminait la marche de 70 kilomètres entamée vendredi matin à Bruxelles par ces Afghans. Samedi, ils avaient notamment fait une halte à La Louvière.