Les sans-papiers afghans invités à réintroduire de nouvelles demandes d’asile

Le collectif de soutien aux Afghans a obtenu ce mardi une rencontre avec Elio Di Rupo dans le cabinet de Maggie De Block à Bruxelles. Les pourparlers se sont déroulés sur fond de statu quo : les Afghans pourront réintroduire leurs demandes d’asile, qui seront analysées individuellement par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides. Ils devront alors s’assurer d’apporter des éléments neufs favorables à leurs dossiers respectifs. Entre-temps, une nouvelle rencontre est prévue dans un mois.

« Rien n’a vraiment changé dans la politique du gouvernement à notre égard, mais nous sommes confiants pour l’avenir », explique Samir, porte-parole des Afghans à la sortie du cabinet de la secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block. « Mr Di Rupo nous a garanti un examen rigoureux de nos demandes d’asile ainsi que de la situation actuelle en Afghanistan. Nous nous félicitons d’avoir porté à la connaissance du Premier ministre la complexité de notre dossier », insiste-t-il. Le collectif de soutien aux Afghans compte d’ailleurs se réunir à l’église du Béguinage afin de s’accorder sur les prochaines étapes à suivre.

Leur objectif : obtenir un moratoire des expulsions vers l’Afghanistan en attendant d’un examen approfondi de la situation sécuritaire sur le terrain. Car pour le collectif, la Belgique évalue mal la situation en Afghanistan, considérant que le pays est sûr, et qu’il n’y a pas de conflit armé là-bas. Pour l’avocate Selma Benkhelifa, membre du collectif de soutien, interviewée sur la Première, l’Afghanistan « est un des pays les plus instables du monde ». D’où cette demande de moratoire.

Contradiction au sein même du gouvernement

D’ailleurs, selon Oscar Flores, coordinateur du collectif de soutien aux Afghans, il existe une attitude contradictoire au sein même du gouvernement belge : alors que Didier Reynders parle de situation dangereuse en Afghanistan et conseille aux Belges de ne pas s’y rendre, Maggie De Block dit le contraire, annonçant ainsi que la voie est libre pour y expulser des Afghans sans que ceux-ci se retrouvent en danger.

« On prend en otage pas mal de gens, dont les Afghans, dans un contexte préélectoral, explique Oscar Flores au micro de la Première. On nous dit que le public est très sensible à tout ce qui se passe et on ne veut pas de la N-VA dans le prochain gouvernement. Donc on soutient Madame De Block dans sa politique, même si la soutenir entraîne des conséquences humanitaires horribles, comme c’est le cas pour les Afghans. Je ne pense pas que ce soit une belle excuse ».

Mais Maggie De Block est réputée pour rester ferme. Si la Convention de Genève parle de réfugiés si et seulement s’il y a risque de persécution individuelle, et si l’Afghanistan n’est pas considéré par cette même convention comme un pays à risque, la situation des Afghans a peu de chances de changer. À moins que la rencontre avec le Premier ministre soit fructueuse.