Tubize a une brique dans le ventre

Sonnée, déboussolée et presque abattue par les fermetures de ses plus beaux fleurons qui se sont succédé ces vingt dernières années, Tubize relève aujourd’hui la tête et se remet en ordre de marche. Il faut dire que les perspectives sont plutôt enthousiasmantes : 4.710 logements sont dans le pipeline d’ici les quinze prochaines années.

De quoi transformer l’ancienne grande cité industrielle de l’est du Brabant wallon en cité à haut potentiel immobilier. Si les promoteurs confirment dans la brique les prévisions actuelles, la cité du Betchard deviendra sans aucun doute l’un des pôles majeurs de la province. « On parle beaucoup du développement de Louvain-la-Neuve, mais celui qui est en cours à Tubize est bien plus important, s’emballe l’échevin de l’urbanisme, Pierre Pinte (MR). C’est bien simple : la ville possède le plus important potentiel immobilier du Brabant wallon. Au total, ce sont 160 ha que nous mettons à disposition des promoteurs, ce qui nous permettra d’augmenter de 50 % le nombre actuel de logement (9 421 unités en 2013). »

Des terrains qui sont inscrits au plan de secteur soit en zone d’aménagement communal concerté (Zacc), soit en zone d’activité économique à caractère industriel. Notons que la moitié de ces 160 ha ont déjà été libérés par le gouvernement wallon, notamment par la définition du périmètre SAR (site à réaménager). Où en est-on aujourd’hui ?

Les premiers dossiers vont bientôt se débloquer et permettre aux pelleteuses d’entrer en action. Les permis de 1.287 logements sont en cours de délivrance. Si l’on ajoute les projets espérés dans le futur, la population tubizienne pourrait grimper de 12.485 habitants, soit la moitié de la population actuelle. Cette politique immobilière permettra en tout cas de réaliser la profonde mutation attendue à Tubize, parent pauvre du Brabant wallon. L’assiette fiscale devrait s’élargir et reprendre un peu de gras en attirant davantage de revenus moyens. Cela permettra également de diversifier l’offre d’un parc de logements plutôt vétuste : les appartements n’étant pas légion et les logements sociaux (12,2 %, plus haut taux de la province) un peu trop nombreux pour pouvoir mener une politique ambitieuse en termes d’infrastructures.

Parmi les projets en cours, celui des anciennes forges de Clabecq urbanisera à lui seul près de 80 hectares. Dossier emblématique, il accueillera un nouveau village qui comprendra entre 2.000 et 3.000 logements. Les permis sont accordés. Reste que le chantier de construction n’a toujours pas démarré. « Et il ne démarrera pas tant que la liaison entre Clabecq et l’E429 ne sera pas réalisée  », regrette l’échevin de l’urbanisme Pierre Pinte.

Des charges d’urbanisme en vue

Pour le reste, parmi les projets à l’étude, relevons la deuxième phase du projet Fabelta (254 logements et 8.800 m2 de commerces), Mondi (298 logements et 3.800 m2 de commerces), Stimbert (365 logements), l’ancien dépôt Danheux (150 logements) et les Jardins de Oisquercq (120 logements). Autant de friches industrielles qui seront reconverties dans les prochaines années. « Les charges d’urbanisme (voir par ailleurs) seront en tout cas lourdes pour rattraper le décalage entre les revenus de ces nouvelles populations et les dépenses qu’elles engendrent pour notre commune, lance Pierre Pinte. Nous vérifierons aussi que les investisseurs aient les reins financiers à la hauteur de leur appétit. Car notre expérience de chancres industriels nous a définitivement sevrés de toute soif de chancres immobiliers !  »