Un Belge de 25 ans sur sept est demandeur d’emploi

Les jeunes, même diplômés, sont-ils tous au chômage ?

Les chiffres. Nous avons compilé les données des différents offices de l’emploi en Belgique et il en ressort qu’en novembre 2013, ils étaient 20.654 à être nés en 1989 et à grossir les listes des demandeurs d’emploi, soit plus d’un jeune sur sept (14,7 %).

Si ce chiffre ne correspond pas au taux de chômage fréquemment repris dans les médias, c’est simplement parce que le calcul du taux habituel ne prend en compte que la population active, et exclut donc les étudiants, les femmes au foyer, les personnes hospitalisées,... ce qui fait gonfler le taux.

Pour être tout à fait complet, le SPF Economie estimait, lui, que 9,4 % des jeunes entre 25 et 29 ans étaient chômeurs en 2012. Ce chiffre est inférieur aux 14,7 % annoncés parce que la définition des chômeurs selon le SPF Economie est plus restrictive. Il s’agit en réalité des chômeurs reconnus par le bureau international du travail, qui exclut par exemple toute personne bénéficiant d’un revenu d’intégration sociale.

Le temps d’attente. Un principe semble acquis : la plupart des jeunes demandeurs d’emploi de longue durée sont peu voire pas qualifiés. Ce sont d’ailleurs majoritairement des hommes. A l’inverse, près d’un demandeur d’emploi de 25 ans sur deux recherche un travail depuis moins de 6 mois, et ce sont dans ce cas majoritairement des demoiselles, généralement plus qualifiées que leurs homologues masculins. Notons également que c’est en Flandre que la proportion de demandeurs d’emploi nés en 1989 est la moins élevée. De plus, seuls 10 % de ces jeunes cherchent un emploi depuis plus de deux ans, alors qu’à Bruxelles, c’est le sort d’un demandeur d’emploi sur quatre.

L’évolution. Anecdote qui prête à sourire : si l’on compare le nombre de demandeurs d’emploi recensés par le Forem en Wallonie en l’an 2000 avec le nombre actuel, la différence n’est que de 10 personnes. Qui a dit que la situation s’était aggravée ces dernières années ?

« Il n’est pas évident de comparer le chômage des jeunes sur une période aussi longue,commente Gregor Chapelle, directeur général d’Actiris. Ce chômage est en effet directement lié à la conjoncture économique. Quand tout va bien, ce sont les jeunes qu’on engage. Dans le cas contraire, ils sont les premiers à partir. Il faut donc regarder le court terme. Là, on constate que le nombre de demandeurs d’emploi à Bruxelles est en baisse depuis 6 mois, qu’il baisse de manière plus modérée en Wallonie, mais qu’il est en augmentation du côté flamand. »

L’avenir.« Parmi les 300 métiers d’avenir que nous avons identifiés, la grande majorité nécessite une qualification », explique Marie-Christine Vanbockestal, administratrice générale du Forem. L’avenir est donc à la formation, qu’elle soit technique ou intellectuelle. « La qualification et la connaissance des langues sont les deux atouts majeurs à développer pour trouver un emploi », ajoute Gregor Chapelle.

Mais les écoles préparent-elles vraiment les jeunes au marché du travail ? « Même si cela s’améliore, le corps enseignement doit urgemment quitter sa tour d’ivoire », entend-on chez Actiris. « L’université doit apprendre à former des têtes bien pleines, mais elle doit aussi éduquer la jeunesse », ajoute-t-on au Forem. L’enseignement est de toutes parts pointé du doigt comme le mouton noir de la chaîne du travail. Marie-Christine Vanbockestal croit d’ailleurs que « même malgré eux, les chefs d’entreprise deviendront demain des éducateurs ».

La formation. Pénurie dans certains secteurs, affluence dans d’autres. La solution pour réduire le chômage des jeunes ne serait-elle pas d’imposer des quotas à l’entrée de certaines études ? « C’est la solution radicale, confie Marie-Christine Vanbockestal. Je pense qu’il serait plus judicieux d’informer et de sensibiliser les jeunes à l’emploi dès le plus jeune âge ». Une école plus ouverte à l’entreprise pour guérir tous les maux ? Rendez-vous ce mardi sur le site du Soir pour en débattre.