Les géomètres-experts sont les professionnels qui se rapprochent le plus de la vérité

« Nous nous basons sur des points de comparaison de biens que nous avons personnellement visités, exprime à ce sujet Marc Dekeuleneer, ex-président de la Commission du marché immobilier. Pour les maisons, nos analyses portent sur 500 à 600 entités, ce qui nous permet de déterminer des points de comparaison. Les expertises sont effectuées selon une méthode qui lie le prix de vente obtenu aux coûts de l’acquisition du terrain et de la construction à l’heure actuelle. »

Pour ce faire, les géomètres-experts brassent, on l’imagine, un tas de données. Les indices macroéconomiques (prix à la consommation, inflation, indice Abex…) viennent s’ajouter aux données propres au bien sur lequel ils sont appelés à se prononcer. S’ensuivent des moyennes pondérées des différents coefficients qu’il serait fastidieux de développer ici (n’est pas géomètre qui veut…).

Le rapport de la Commission établi en 2012 (celui de 2013 sortira en avril) nous apprend ainsi que chaque bien possède une fiche sur laquelle sont repris l’époque de construction et les éventuelles rénovations, la superficie du terrain, la largeur de façade, les conditions d’occupation, le revenu cadastral, la qualité de la situation, l’état d’entretien, la qualité de la construction, de l’achèvement et de l’équipement, ainsi que la taille des constructions bâties ou habitables. « Les géomètres ont un virus qui leur fait aimer la précision, sourit Marc Dekeuleneer. Quand nous avons une de ces fiches en main, généralement complétée par une photo et un croquis, nous nous trouvons pratiquement à l’intérieur de l’immeuble. La spécificité de nos statistiques réside dans le fait qu’elles donnent un reflet qualitatif du marché : nous mesurons ce que les acquéreurs reçoivent en échange de l’argent qu’ils donnent. »

Mais aujourd’hui, la concurrence est devenue particulièrement âpre pour les géomètres. « Il y a de plus en plus d’expertises gratuites, regrette notre homme. Et les gens ne consultent plus les géomètres que pour des cas compliqués, comme les divorces ou les faillites, qui nécessitent des rapports extrêmement circonstanciés. Mais il arrive aussi que des clients s’adressent à nous parce qu’ils ont fait appel à trois agents immobiliers différents qui leur ont remis trois expertises différentes… »

La concurrence vient de partout : des agents immobiliers, des notaires, mais aussi, comme le précise notre interlocuteur, des « usines d’expertises qui travaillent au rabais et qui vont jusqu’à visiter dix immeubles sur une journée ». Les expertises à la tête du client sont, paraît-il, nombreuses. « Dans le cas de missions simples, il devrait exister un prix en dessous duquel personne ne devrait descendre, soit un pour mille, ajoute Marc Dekeuleneer. C’est-à-dire 300 euros (plus 21 % de TVA) l’expertise pour une maison de 300.000 euros. »

Dans de telles conditions, la juste expertise ne serait-elle pas un leurre ? Marc Dekeuleneer réfléchit un instant avant de répondre : « La juste expertise n’existe pas mais la plus juste expertise bien ! Et grâce à la méthode qu’ils utilisent, les géomètres-experts sont les professionnels qui s’en approchent le plus… »

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