Miel: les eurodéputés contre l’étiquetage du pollen OGM

La présence de pollen OGM dans le miel ne sera pas indiquée sur l’étiquette, ont tranché mercredi les députés européens rejoignant ainsi la position de la Commission européenne.

Selon le texte adopté par le parlement européen le pollen est un «constituant naturel» du miel et non un «ingrédient».

En vertu de cette distinction sémantique, les apiculteurs n’auront à étiqueter leur miel comme «avec OGM» que si des traces d’OGM supérieures à 0,9% de la masse totale y sont décelées.

Si les eurodéputés avaient opté au contraire pour la définition du pollen comme «ingrédient», retenue en 2011 par la cour de justice européenne, les apiculteurs auraient du signaler la présence d’OGM à partir du seuil de 0,9% dans le pollen, qui lui-même représente au maximum 0,5% de la masse du miel.

Le vote du Parlement en plénière, réclamé notamment par la droite libérale, a contredit celui de sa commission environnement, qui avait soutenu cet automne l’option d’une traçabilité maximale.

Il satisfait par contre les producteurs d’Amérique Latine qui avaient écrit aux eurodéputés lundi pour les mettre en garde contre une mesure menaçant selon eux l’approvisionnement en miel de l’UE.

Les européens importent 40% de leur consommation de miel, dont la moitié d’Amérique latine, où prospèrent les cultures OGM, Mexique et Argentine en tête.

Le groupe européens des Verts a déploré un arbitrage qui «protège les OGM» aux dépens des apiculteurs et des consommateurs.

Imposer une traçabilité maximale «irréaliste» aurait créé un «dommage collatéral» aux apiculteurs a au contraire argumenté pendant le débat la rapporteur conservatrice britannique Julie Girling.

«C’est mère-nature qui dit que le pollen est un constituant du miel», a pour sa part avancé le commissaire européen à la santé, Tonio Borg, appelant les eurodéputés à ne pas faire de ce dossier «une question pour ou contre les OGM».

«La Commission ne doit pas sous estimer le problème des OGM, les producteurs d’Amérique Latine, du Canada ou de Chine doivent être contraints à un étiquetage des OGM», a rétorqué le socialiste hongrois Csaba Sandor Tabajdi.

Le dossier doit être désormais soumis aux gouvernements avec qui le Parlement entamera des discussions pour un arbitrage final. Mme Girling s’est prévalu du soutien de la plupart des 28 à l’option retenue par le parlement.