Johnny Hallyday assure être «résident américain» et pas suisse

Quoi, sa gueule ? Qu’est-ce qu’elle a, sa gueule ? « Moderne investigation » selon Libération, elle a été piégée par ses comptes sur les réseaux sociaux, via des photos géolocalisées et datées. A Monaco, à Saint-Barth, à Los Angeles… mais très peu dans l’Oberland bernois. D’où la rogne de la gueule en question, qui se met à insulter la profession médiatique. Sur Twitter, justement.

Il n’aurait donc passé que quinze jours à Gstaad en 2013 ! Et ça, non Monsieur, ce n’est largement pas suffisant pour pouvoir justifier d’un forfait fiscal. Point. L’histoire pourrait s’arrêter là, jugeant que la balle est dans le camp français. Le problème est que, TF1 l’a bien compris, « le sujet est particulièrement sensible en Suisse où l’abolition des forfaits fiscaux est en question ».

L’autre problème est que les conclusions de l’enquête de RTS Info, dans l’émission radiophonique Sonar, sont arrivées aux oreilles de l’avocat et député PS Yann Galut – par ailleurs très présent sur les réseaux sociaux et ex-rapporteur d’un projet de loi sur la lutte contre la fraude fiscale adopté en novembre 2013. Celui-ci a très logiquement réclamé jeudi que Johnny Hallyday « clarifie sa situation fiscale » en France, pour prouver qu’il n’est pas évadé fiscal en Suisse.

D’exilé à évadé ?

Donc, si la résidence principale des Hallyday n’est plus « Gsdaat » [sic, sur France Info], « notre rocker national pourrait avoir quelques soucis ». Car, dit Galut, « M. Jean-Philippe Smet passerait de la catégorie d’exilé fiscal – qui, bien que parfois immorale, est légale – à la catégorie des évadés fiscaux, elle, particulièrement scandaleuse et totalement répréhensible. Il pourrait être poursuivi par la justice française pour avoir organisé une fraude à l’impôt », selon lui.

L’affaire n’est pas nouvelle. Elle rebondit régulièrement. Le Figaro rappelle notamment qu’« en 2012 déjà s’était posée cette même question du manque de discrétion des Hallyday quant à leur absence de Gstaad. A l’époque, Johnny avait même déclaré sur RTL qu’il partageait sa vie entre Los Angeles et Paris. Interrogé par Le Point, le maire de Saanen-Gstaad considérait alors comme « contre-productive » l’attitude du chanteur, mais les autorités avaient très vite démenti les rumeurs selon lesquelles elles auraient demandé au chanteur de quitter leur pays. »

En 2011, avait alors expliqué le magazine Challenges, « Johnny Hallyday n’avait été imposé qu’à 20 %, malgré des revenus » équivalant à 3,2 millions de francs, écrit LaTribune.fr, amusée du fait qu’« en cas d’enquête, la dernière photo publiée par Laeticia Hallyday pourrait jouer en défaveur du couple » : « C’est bon de rentrer à la maison », disait-elle il y a peu dans une publication géolocalisée… en Californie. Une photo Instagram accompagnée du commentaire suivant :

« Homecoming », ça semble assez clair, comme terme. Et #LA également. Ça se vérifie aussi sur le site Pure People, qui confirme : « Johnny Hallyday et Laeticia sont de retour à Los Angeles depuis le dimanche 12 janvier. Le rockeur doit y entamer le travail sur son nouvel album studio avant de s’envoler au printemps pour une tournée. […] Il n’était pas nécessaire d’avoir recours aux réseaux sociaux pour vérifier leur présence en Suisse, puisque le couple Hallyday et leurs enfants voyagent très ouvertement et sont suivis en permanence par des photographes. »

Et de poursuivre : « Mais surtout, la RTS et le député Yann Galut auraient dû se renseigner plus avant, puisque d’après nos informations exclusives, Johnny Hallyday et son épouse Laeticia sont résidents américains depuis le… 1er janvier 2013 ! En revanche, comme tout bon citoyen, quand le Taulier travaille en France (tournées, concerts, films, etc.), il paie ses impôts… en France. Circulez, y a rien à voir, et tout cela est beaucoup de bruit pour RIEN. » D’ailleurs, jeudi soir dans le Forum radiophonique de RTS Info, la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD) s’est exclamée : «  C’est égal si les contribuables au forfait sont là ou pas. Par leurs impôts ils font du bien au pays » !

Un oubli naïf

Du bien à la Suisse. Surtout quand Johnny dit, comme plus haut : « Je suis résident US, et pas résident suisse », et que ça sonne comme un aveu. Cela ne veut pas encore dire qu’il devrait de l’argent à Bercy. Dans la foulée, il y a une autre question, que pose Gala  : « Les réseaux sociaux peuvent-ils vous dénoncer en cas de fraude fiscale ? Indirectement, oui. Johnny […] vient de le découvrir à ses dépens.  » Il avait « sans doute oublié qu’Internet est une base de données à laquelle tout le monde peut avoir accès afin de vous surveiller… et de vous punir. Car, comme le disait si justement George Orwell dans son roman 1984, « Big Brother is watching you… »

On dirait donc que « l’artiste ne dispose pas d’un bon sens avisé, lit-on sur le site Staragora. Après la polémique qu’avait suscitée son expatriation, le chanteur aurait mieux fait de ne pas géolocaliser ses déplacements sur les réseaux sociaux. En bas du Mont-Blanc, à Quiberon avec sa famille, ou à Paris pour un concert, il est vrai que Johnny semble traîner davantage par chez nous que de l’autre côté de la frontière. Alors comment Johnny Hallyday va-t-il justifier tous ses déplacements en dehors du territoire bernois et sa présence que l’on pourrait qualifier de hasardeuse dans sa résidence dite principale ? »

Ah que #Johnny, il tweete trop. Mais un contrôle fiscal sur la base de photos Instagram, on n’arrête pas le progrès.