MR-CD&V: la grande alliance

A quatre mois d’élections fédérales et régionales primordiales, les deux présidents accordent au Soir et au Standaardune interview conjointe. Issus de deux familles politiques et de deux groupes linguistiques différents, le libéral et le chrétien démocrate semblent pourtant au diapason.

Wouter Beke s’en explique : « BHV était le point sur lequel les divergences étaient les plus fortes. Nos deux partis ont pris un risque, celui de négocier sans la N-VA et de trouver une solution sans le FDF. Une fois que la montagne BHV a été franchie, cela a créé un autre climat. Et sur le plan socio-économique, le CD&V est plus proche du MR et du CDH de Benoît Lutgen que du PS. »

Charles Michel précise : « Ce que nous disons, c’est que la priorité, les cinq prochaines années, c’est de concrétiser la réforme de l’Etat, de la faire fonctionner, mais aussi de mettre en œuvre une réforme fiscale et économique. CD&V et MR n’ont pas le même programme : le partenaire naturel du MR, en Flandre, c’est le VLD, avec lequel on aura certainement un programme commun sur la fiscalité et l’économique. Mais nous croyons tous deux, Wouter et moi, qu’il est possible de bâtir des ponts entre nos Communautés, pour faire fonctionner ce pays, créer de l’emploi, réformer sur le plan économique et social, protéger les soins de santé, les pensions ».

Cependant, des résultats différents au nord et au sud du pays pourraient entraîner un blocage. C’est pourquoi les deux présidents veulent informer les électeurs : « En 2010, dit Charles Michel, ils ne savaient pas qu’en votant pour le PS ou la N-VA, c’était le blocage, politique, communautaire, économique, social. Mais, en 2014, ils savent qu’il y a des partis capables de prendre leurs responsabilités et de construire des ponts, et des partis qui risquent d’enfermer le pays dans des situations d’instabilité et de blocage. »

-> L'interview conjointe de Wouter Beke et Charles Michel : « MR et CD&V veulent être l’axe du nouveau gouvernement »