Marc Dutroux écrit à Jean-Denis Lejeune pour aider Laurent Louis (vidéo)

La lettre de 44 pages adressée par Marc Dutroux à Jean-Denis Lejeune, et révélée par Radio-DH, est « un salmigondis » des délires du pédophile, que le papa de Julie se refuse à commenter. Dutroux est tout entier dans l’introduction de sa lettre. Il y met en garde contre toute« utilisation non autorisée » de sa lettre« qui reste la propriété de son auteur ». Son œuvre, sinistre : c’est ce qu’il essaye de magnifier en se livrant à une chronologie des faits qui lui ont valu sa condamnation à perpétuité devant la cour d’assises du Luxembourg. Il ne se prive pas de se livrer à des considérations sordides sur l’état de ses victimes, à la manière d’un Albert Fish, le tueur en série américain des années 20 qui trouvait son plaisir dans l’envoi de lettres aux familles de ses victimes. Et il ose se présenter lui-même en victime : « Qui peut mieux comprendre et ressentir la détresse, la révolte, la colère et tous les autres sentiments négatifs qui rongent le cœur d’un père meurtri par la mort de son enfant qu’un autre père qui endure les mêmes tourments ? », écrit-il en évoquant la fausse couche subie par Michelle Martin en 1986, alors qu’elle venait d’être incarcéré suite à la première série d’enlèvements commis par le couple de diaboliques. Cette fausse couche avait suscité pour Martin un diagnostic d’internement (psychotique sévère), réformé par un collège d’experts psychiatres. Dutroux affirme :« je n’ai pas enlevé d’enfants chez moi ». Et il se lamente : «  Chaque fois que je vous regarde quémander la vérité, je suis envahi de tristesse pour vous, augmentée par le souvenir de mon impuissance à enrayer une mécanique infernale ».

La lettre n’apprend rien

Dutroux plaide non coupable : les enlèvements, ce n’est pas lui, pas plus que les viols subis par ses jeunes victimes ! Comme à son procès, comme lors de ses auditions, il accuse Bernard Weinstein d’être le ravisseur et le violeur des enfants. Il aurait tué Weinstein pour cela ! Et il accuse ceux qu’il accusait déjà il y a près de 19 ans, à l’issue de son arrestation : la « bande de Charleroi » et d’autres, comme il nous l’avait déjà écrit il y a plusieurs années.

La lettre de Dutroux n’apprend rien et laisse Jean-Denis Lejeune sous le choc. Pourquoi le pédophile l’a-t-il écrite alors ? Parce que le propre du pervers est de poursuivre encore et encore la consommation de ses crimes et d’exposer ses victimes et ceux qui leur sont proches à des souffrances sans cesse répétées. Parce que, peut-être, il espère y trouver une folle preuve « d’amendement » alors que le Tribunal de l’application des peines a entrepris l’examen de son dossier de libration conditionnelle qui n’a aucune chance d’aboutir.

Marc Dutroux encouragé par les thèses de Laurent Louis

Plus certainement, parce que Marc Dutroux a été encouragé dans son initiative par la résurgence des thèses conspirationnistes développées, jusqu’à la tribune de la Chambre, par le député indépendant (ex-PP, ex-MLD, ex-Islam, actuel « Debout les Belges ») Laurent Louis. Celui-ci était le destinataire de la lettre qui a abouti, par voie de recommandé, chez Jean-Denis Lejeune. La révélation de ce courrier tombe à point nommé pour Laurent Louis qui doit comparaître ce mardi matin devant la chambre du conseil de Bruxelles sous plusieurs chefs d’inculpation, dont celui d’avoir qualifié le premier ministre Elio Di Rupo de pédophilie.

Il a convoqué sur les marches du palais de Justice sa bande de supporters, tous convaincus comme lui que l’Etat est dirigé par des pédophiles, qu’un lobby maçonnique dirige le pays, que des sionistes seraient à la manœuvre pour protéger les réseaux de pervers, etc. Dutroux abonde en ce sens. Un autre conspirationniste a assisté Laurent Louis dans ses pseudo-démonstrations (souvent focalisées sur les autopsies de Julie et Melissa) de l’existence de réseaux. Serge Trueche, convoqué lui aussi devant la chambre du conseil, est un médecin radié à vie de l’Ordre. Il a accusé un professeur de l’ULB, d’être l’auteur de trois meurtres. Il est convaincu de l’existence des réseaux et a tenté d’en convaincre aussi les gendarmes français. Il prétend que les réseaux veulent l’éliminer. Comme Laurent Louis qui affirme que sa vie est en danger. Dutroux leur prête son concours nauséeux.