Le déclin de Facebook est annoncé. Info ou intox?

Entre 2015 et 2017, 80 % des utilisateurs de Facebook vont quitter le réseau social de Marck Zuckerberg, annoncent deux chercheurs de Princeton dans la revue Arvix. Les deux scientifiques ont utilisé les modèles statistiques de l’épidémiologie pour analyser l’ascension et le déclin (contagion et guérison en langage épidémiologique) du réseau social américain.

Mais cette étude est-elle fiable ?

Pour arriver aux résultats obtenus, les chercheurs ont eu recours à Google Trends qui délivre les statistiques d’utilisation. Statistiques qu’ils ont notamment comparées avec celles de Myspace, qui est rapidement passé de la prospérité (2005) à l’oubli.

Sauf que lorsque Myspace était à son apogée, Google avait le monopole : tout le trafic passait par le moteur de recherche. L’étude part du même paradigme et occulte dès lors les connexions effectuées depuis smartphones, alors qu’elles représentent près de la moitié des connexions sur Facebook.

Des doutes sur la crédibilité de la revue et des scientifiques

Un autre problème est aussi souligné : la crédibilité de la revue en question et celle des scientifiques sont questionnées. Arvix n’est pas une revue à comité de lecture. Ce qui veut dire que le contrôle n’est pas effectué par d’autres scientifiques. La crédibilité scientifique est donc à nuancer.

Quant aux deux auteurs, John Cannarella et Joshua A. Spechler, s’ils appartiennent bel et bien à l’Université de Princeton, ils sont en réalité rattachés au département de mécanique et d’ingénierie aérospatiale. L’étude des réseaux sociaux ne semble donc pas être leur spécialité…

Facebook n’a pas dit son dernier mot

Mais si l’étude est contestée, il est certain que Facebook va perdre une partie de ses utilisateurs. De plus en plus, comme le relayait le site Slate.fr, les internautes, notamment les jeunes, se tournent de plus en plus vers de nouvelles applications comme Snapchat ou Instagram. Selon une étude du cabinet de recherche iStrategyLabs citée par Le Temps, les adolescents de 13 à 17 ans composent 5,4% de la population du site de Mark Zuckerberg, contre 8,9% en 2011.

Une fuite dont Facebook a conscience  : dans son rapport annuel, Facebook confirme bien observer un détournement des jeunes « vers d’autres produits et services, parfois utilisés comme substitut ».

Ce qui expliquerait en partie le changement de stratégie adoptée par la firme américaine qui perfectionne de plus en plus ses applis Instagram ou Messenger mais qui développe aussi sa fonctionde média  : Facebook aurait pour intention de lancer son propre reader, baptisé Paper, une information relayée par Le Nouvel Observateur.