Poelvoorde: «Moi, approché pour faire de la politique? Vous rigolez!»

A quelques jours de la sortie des « Rayures du zèbre », le 5 février prochain, Benoît Poelvoorde, qui y tient le premier rôle, est l’invité de la rédaction du Soir, et notre rédacteur en chef d’un jour, en compagnie de Benoît Mariage, réalisateur du film. Le comédien a répondu à vos questions.

À propos de la Belgitude  : « Ça ne veut rien dire pour moi. Je suis certes attaché à la Belgique mais pas comme une forme de corporatisme. Si on me demande si je suis namurois ou Belge je répondrai Belge mais c’est tout. »

À propos de son film  : « Au début je ne voulais pas faire l’accent belge. Il n’y a rien de pire qu’un Belge qui imite l’accent belge »

À propos d’engagement politique  : « Moi, approché pour faire de la politique ? Mais vous rigolez ?! Je suis apolitique. Ce n’est pas mon job. Mon métier c’est acteur et soutenir un politique ça ne m’intéresse pas. »

À propos de la presse people et l’affaire Hollande-Gayet  : « De ce côté-là, je suis tranquille. Je pense qu’ils m’ont oublié. Et je ne balade pas en scooter de toute façon… déjà parce que je n’en ai pas. Et à voir les photos, ça ne le met pas en valeur M. Hollande. D’ailleurs à votre avis, qui a pris le plus son pied en apprenant l’affaire Hollande-Gayet ? Sarkozy non ? »

À propos du cinéma francophone et flamand  : « Les Flamands sont les seuls capables de faire des films de genre contrairement à nous. Alors est-ce que le cinéma francophone doit-il évoluer ? Je répondrai qu’il ne faut pas trop nous pousser, on y va tout doucement chez nous. Quand les Flamands parlent déjà trois langues, le Francophone se dit qu’il commencera à apprendre le flamand quand il sera vieux. Il remet ça à plus tard. Ils ont vraiment de l’avance sur nous. Mais le cinéma francophone évolue aussi mais à son rythme. »

À propos du cinéma actuel  : « Aujourd’hui je ne pourrai pas faire un film comme « C’est arrivé près de chez vous ». Il y a trop de corporatismes, je devrais me justifier tout le temps. On ne peut plus rien critiquer sans qu’un groupe corporatiste nous tombe dessus. Et puis les gens préfèrent trouver du réconfort dans les films. La vie est tellement dure. »

À propos de Dieudonné  : « Ce qui est moche avec Dieudonné, c’est de se servir de son métier pour diviser les gens. Ce n’est pas le rôle d’un humoriste. Alors bien sûr, on peut rire de tout mais pas besoin de faire du mal, ça n’apporte rien. Après, je pense qu’on peut aussi pardonner Dieudonné mais on l’a tellement acculé, repoussé dans ses retranchements qu’il ne cédera pas.  »

À propos de Stromae  : « Je ne connais pas Stromae. Mais je l’ai croisé une fois, il est très sympa. Je n’aime pas trop sa musique mais ça, c’est parce que je suis vieux. Ce que j’écoute est plutôt répertorié dans la rubrique nécrologique  »

À propos des personnalités qu’il considérait « in »  : « Je choisirai le médecin qui a implanté le premier cœur artificiel, je trouve ça formidable. Maintenant on n’a plus qu’à attendre de voir si ça fonctionne. Et si je devais en choisir une autre : ce serait mon boucher ! Sérieusement, c’est le meilleur boucher de toute la Belgique. Par contre Poutine, il serait plutôt out, je dirai même plus Pout« out » !  »