Ukraine: l’opposition craint une intervention de l’armée

L’opposition ukrainienne a mis en garde les Européens contre une intervention « très probable de l’armée » contre les manifestants à Kiev qui protestent depuis plus de deux mois.

Au cours d’une rencontre à Munich avec des responsables européens dont la chef de la diplomatie de l’UE Catherine Ashton l’un des leaders de l’opposition, Arseni Iatseniouk, « les a informés sur un projet très probable du pouvoir de recourir à la force y compris avec la participation de l’armée », selon un communiqué du parti Batkivchtchina de l’opposante emprisonnée Ioulia Timochenko.

L’armée a en effet haussé le ton sans pour autant que l’on sache quelles mesures les militaires vont prendre, alors que le pays est dans un enlisement complet. Les services spéciaux ont annoncé en fin de soirée vendredi qu’ils avaient ouvert une enquête pour « tentative de prise de pouvoir » après avoir examiné les serveurs saisis en décembre au siège du parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko.

Les Etats-Unis s’impliquent, la Russie parle de « cirque »

Quelques heures plus tôt, la déclaration de l’armée a été dénoncée comme une « tentative d’intimidation » par le chef de file au parlement de Batkivchtchina, Arseni Iatseniouk. De son côté, le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a estimé sur son compte Twitter que l’armée devait rester « neutre ».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry doit également rencontrer samedi à Munich les dirigeants de l’opposition ukrainienne. Les Etats-Unis paraissent vouloir mettre leur poids dans la balance, rejoignant les Européens qui ont multiplié les missions de médiation et les déclarations ces deux derniers mois.

Des responsables russes ont d’ores et déjà réagi, comme le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, qui a qualifié cette rencontre de « cirque ».