Quand Reynders flanque une droite au MR bruxellois

Ce samedi est un grand jour pour le MR bruxellois. C’est aujourd’hui en effet que le président Charles Michel, le président régional Didier Reynders et la tête de liste à la Région Vincent De Wolf avaliseront, après discussions avec les sections bruxelloises, le programme électoral pour Bruxelles. L’occasion, aussi, de galvaniser les troupes, meurtries par dix ans d’opposition. Le moment, donc, est important. En présentant son livre-projet « Bruxelles pour tous », jeudi, dans la presse, Didier Reynders s’est arrangé pour qu’il le soit beaucoup moins. Sciemment. Le sujet, c’est lui ; les sujets, ce sont les autres. Au passage il administre une gifle magistrale à son « ami » De Wolf. Candidat ministre-président déclaré depuis des mois, le député-bourgmestre d’Etterbeek n’attendait pas forcément de figurer sur la couverture du livre de Didier Reynders, mais pas forcément non plus d’être averti de sa parution par l’auteur (?) par l’envoi d’un exemplaire, dédicacé certes, le jour de la sortie de presse. Depuis le décès de Jacques Simonet en 2007, Vincent De Wolf tente d’assurer le leadership bruxellois du MR, mais l’absence de son parti de toute fonction exécutive depuis 2004 a jusqu’ici freiné son ascension.

Le timing de la sortie du livre, ajouté à l’éventualité de voir Didier Reynders revendiquer la ministre-présidence après le 25 mai, le fait reculer de trois cases. Et, surtout, le contenu du livre brouille le message. Qu’il ait déclenché une vague de critiques ou de ricanements au sein des autres formations politiques – il faut dire qu’on n’avait plus vu projet aussi ambitieux depuis le règne de Léopold II « Roi bâtisseur » – c’est normal. Qu’il soit torpillé par ses propres troupes, c’est plus inquiétant. Chaud boulette, mais prudent quand même, Vincent De Wolf a poliment expliqué que les 50 km de tunnel et tout le reste « ce n’était pas finançable dans l’immédiat », que « cela relevait d’une vision personnelle de Didier Reynders qui n’avait pas été concertée avec le groupe parlementaire dans le cadre de l’élaboration du programme électoral avec les libéraux bruxellois ».

En attendant, il aura l’air malin maintenant, Vincent De Wolf, comme tous les autres candidats MR, sur les marchés, à chanter son vrai programme. Sans tunnel partout, sans métro jusqu’à Uccle et sans bouclage du ring, mais avec son « accompagnement individualisé des demandeurs d’emploi ». Au PS, au CDH et chez Ecolo, on l’imagine déjà. Et – c’est pas bien – on se bidonne.

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