Les Suisses ne veulent plus de la libre circulation des Européens dans leur pays

Les Suisses ont dit «oui» à 50,3% à une limitation de l’immigration de masse. La Commission européenne regrette le résultat d’un vote qui aura de lourdes conséquences dans leurs relations. Certains accords devront être renégociés.

Journaliste Temps de lecture: 3 min

Le référendum, organisé à l’initiative du parti UDC (droite populiste) a obtenu la double majorité requise, soit la majorité des cantons et la majorité des électeurs. En effet, 50,3% des électeurs ont dit «oui» à une limitation de l’immigration, notamment européenne,

Concrètement, ce référendum signifie la fin de l’accord de libre-circulation des personnes signé avec l’UE, et qui s’est traduit par une immigration massive d’Européens en Suisse.

Le pays devrait réinstaurer le système de quotas et de contingents, qui existait avant l’accord de libre-circulation.

«Il s’agit d’un tournant dans notre politique d’immigration», a déclaré le président de l’UDC Toni Brunner.

De son côté,Christian Levrat, du parti socialiste suisse, a indiqué que son parti «avait perdu, et cela fait mal».

Des conséquences encore floues

La quasi majorité des partis politiques suisses ainsi que le patronat avaient appelé à voter «non» à ce texte dont les conséquences pratiques demeurent encore floues. La seule certitude est que le gouvernement suisse doit à présent présenter un projet de loi pour concrétiser les exigences du texte, qui demande que la Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers.

Des accords internationaux devront être renégociés

Le gouvernement suisse a annoncé qu’il allait mettre en œuvre «rapidement et de manière conséquente» le texte qui demande des contingents annuels pour les travailleurs, frontaliers ou demandeurs d’asile. Ces plafonds doivent être fixés en fonction des «intérêts économiques globaux de la Suisse et dans le respect de la préférence nationale». Dans la foulée, les accords internationaux contraires à cet esprit — comme la libre circulation des personnes — devront être renégociés et adaptés dans un délai de trois ans. Des accords concernant aussi bien l’agriculture que les transports ou la recherche pourraient aussi être remis en cause.

«L’accord sur la libre-circulation des personnes avec l’Union européenne est remis en cause», a confirmé pour sa part Didier Burkhalter, ministre suisse des affaires étrangères, et président actuel de la Confédération helvétique. Cet accord, signé en 1999 et mis en oeuvre en 2002, s’est traduit par une immigration massive d’Européens en Suisse.

La Commission européenne examinera les implications

De son côté, la Commission européenne a dit «regretté que l’initiative pour l’introduction de quotas sur l’immigration soit passée via cette votation. Cela va à l’encontre du principe de libre circulation des personnes entre l’Union européenne et la Suisse»

« L’Union examinera les implications de cette initiative sur l’ensemble des relations entre l’UE et la Suisse. Dans ce contexte, la position du Conseil fédéral sur le résultat sera aussi prise en compte», conclut le communiqué.

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