Bruno De Lille «Le système peut être en place pour 2017-2018»

ENTRETIEN

Bruno De Lille est secrétaire d’Etat (Groen) à la Région bruxelloise, en charge notamment de la Mobilité.

On arrive en fin de législature. Il n’y a pas beaucoup de chances de voir la mesure concrétisée ?

Ce n’est plus au gouvernement actuel d’installer le système, mais il y aura donc la base nécessaire pour le gouvernement prochain. On va mettre le péage urbain au frigo et on va à grande vitesse pour la tarification au kilomètre. Si les trois gouvernements mettent ça au programme de leur accord et si le fédéral est d’accord d’introduire le principe dans la fiscalité, il est possible d’avoir ce système de tarification au kilomètre pour 2017-2018.

Dès l’instant où les trois Régions sont concernées, ne serait-il pas plus juste de l’organiser sur tout le territoire et pas seulement sur la zone RER ?

Comme ministre bruxellois, je peux difficilement m’exprimer sur ce que la Communauté flamande doit faire en Flandre-Occidentale et la Wallonie dans les Ardennes. Il me semble logique de voir le territoire limité autour de Bruxelles.

Vouloir le faire avec les deux autres Régions risque quand même de mettre le projet au frigo pour longtemps…

Je ne pense pas que ce soit utopique. Tout le monde sait qu’il faut faire quelque chose. Rester les bras croisés nous coûte en santé et en argent. Maintenant, chacun met les limites géographiques là où il le souhaite. La tarification uniquement sur Bruxelles n’a pas de sens.

Ne pénalise-t-on pas, avec ce système, les personnes qui ont dû quitter Bruxelles parce que s’y loger coûte cher mais qui gardent la voiture faute de transports en commun suffisants ?

Aujourd’hui, les habitations les moins chères sont aussi là où l’air est le plus pollué. Et pour ceux qui ont des difficultés financières pour payer leurs déplacements, on peut imaginer des chèques-mobilité. Rappelons aussi qu’il y a tout de même 40 % des ménages bruxellois qui ne possèdent pas de voiture et qui ne sont donc pas visés par cette mesure. Au niveau fiscal, tant les taxes de circulation que la taxe de mise en circulation doivent être revues à la lueur de cette éventuelle instauration. On peut aussi accélérer la mise en place du RER. Il y a des lignes qu’on pourrait déjà utiliser dans les deux ans.