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Un gel des relations entre la Suisse et l’UE n’est pas exclu

Les Suisses ne veulent plus de la libre circulation des Européens dans leur pays : les eurosceptiques européens jubilent.

Par la rédaction

Temps de lecture: 4 min

La réaction de la Commission européenne ne pouvait être plus sèche. Elle ne va pas par quatre chemins pour affirmer que le vote qui introduit les quotas sur l’immigration viole le principe de libre circulation des personnes entre l’Union européenne (UE) et la Suisse.

«L’Union examinera les implications de cette initiative sur l’ensemble des relations entre l’UE et la Suisse», lit-on dans le communiqué laconique publié dimanche soir à Bruxelles. La Commission a ajouté qu’elle prendra en compte la position du Conseil fédéral avant de décider de la marche à suivre. Allant dans le même sens, la Grèce, qui occupe la présidence tournante de l’UE, s’est dite prête «à travailler avec le gouvernement suisse pour voir ensemble les implications du vote de dimanche».

Avant le vote, le président de la Commission, José Manuel Barroso, et la vice-présidente Viviane Reding avaient mis en garde contre un oui. Ils avaient affirmé que l’UE n’allait certes pas s’immiscer dans le débat suisse, mais n’allait pas non plus tolérer que le principe de libre circulation soit remis en cause. Le vote suisse est d’ores et déjà inscrit à l’agenda des ministres européens des Affaires étrangères, qui se rencontrent ce lundi.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a donné le ton hier sur la RTS: «Je respecte la décision du peuple suisse, a-t-il dit. Mais le peuple suisse doit respecter les valeurs de l’UE.»

Tout aussi signifiant, si ce n’est plus, les Vingt-Huit devraient prendre, ce mercredi, une décision par rapport aux relations institutionnelles entre l’UE et la Suisse. Elle concerne le mandat pour rouvrir des négociations avec la Suisse. «On peut imaginer que les diplomates européens n’entrent pas en matière, explique un diplomate. Je crains qu’on n’aille vers un gel des relations.» Le vote sur l’initiative de l’UDC a aussi été suivi de près par les députés européens. Le Français Jean-Paul Gauzès (UMP), qui connaît bien la Suisse, n’exclut pas des mesures de rétorsion. «A chaque fois que l’occasion se présente, nous nous montrons très compréhensifs vis-à-vis de la Suisse, notamment sur les questions fiscales, dit-il. Notre attitude pourrait changer après ce vote, alors même que la tendance ces dernières années était plutôt de se rapprocher ».

«Merveilleuse nouvelle »

Le député européen veut surveiller comment la Suisse va, à l’avenir, traiter les frontaliers qui «font tourner l’économie suisse. Mes compatriotes travaillent chez vous, mais habitent en France. On ne peut pas les tenir responsables de la pression sur le logement ou sur les transports en Suisse.» Autre fait qui tracasse Jean-Paul Gauzès: l’effet de contagion que le vote suisse pourrait avoir lors des élections parlementaires européennes, qui auront lieu les 22-25 mai. «Ça tombe mal», déplore-t-il.

Pour Jean Russotto, avocat d’affaires suisse établi à Bruxelles et bon connaisseur des relations bilatérales, le oui à l’initiative de l’UDC alourdit encore un peu le climat entre l’UE et la Suisse. Selon lui, le vote pourrait avoir des conséquences négatives sur l’accès au marché unique pour les exportateurs des biens et des services suisses. Il craint les conséquences sur les autres accords bilatéraux, notamment sur l’électricité et la recherche.

Les relations entre l’UE et la Suisse sont régies par une centaine d’accords bilatéraux, dont une vingtaine sont très importants pour l’économie suisse. Il redoute surtout qu’à l’avenir l’UE ne considère la Suisse comme un Etat tiers, ce qui compliquerait les relations.

L’avocat suisse mentionne une autre source de tension: la libre circulation pour les ressortissants de la Croatie, membre de l’UE depuis le 1er juillet 2013. D’une part, l’Union ne tolérerait pas qu’un de ses membres ne jouisse pas des mêmes droits que les autres en matière de libre circulation. D’autre part, l’initiative de l’UDC appelle à la suspension de toute extension de la libre circulation.

Alors que les réactions dans les capitales européennes se faisaient encore attendre dimanche soir, les formations politiques d’extrême droite et eurosceptiques ont salué le oui à l’initiative de l’UDC. «La Suisse dit non à l’immigration de masse, bravo! L’Union européenne va-t-elle envoyer les chars?» s’est exprimée sur Twitter la présidente du FN, Marine Le Pen. Son bras droit Florian Philippot s’est félicité que le peuple suisse ait voté pour la maîtrise des frontières nationales.

«Merveilleuse nouvelle», s’est exclamé Nigel Farage, le leader du parti britannique populiste europhobe UKIP. Il a félicité «une Suisse sage et forte qui s’est dressée contre le harcèlement et les menaces émanant des bureaucrates non élus de Bruxelles». Aux Pays-Bas, Geert Wilders, chef du Parti pour la liberté, a également félicité le vote suisse sur son compte Twitter.

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