«The Intercept», le site né des révélations sur la NSA

Glenn Greenwald l’avait promis, il l’a fait. Le journaliste à l’origine du scandale sur la surveillance orchestrée par la NSA, a inauguré lundi The Intercept , le magazine d’investigation exclusivement numérique dont les enquêtes se basent sur les documents fournis par Edward Snowden. Il s’agit de la première publication de First Look Media, la plateforme journalistique dont on doit la création, et le financement à Pierre Omidyar. Le milliardaire franco-américain de 46 ans n’est autre que le fondateur d’eBay.

The Intercept poursuit deux missions. A court terme, le magazine se veut l’entonnoir à la publication d’enquêtes documentant la surveillance par les Etats-Unis. Celles-ci se basent sur les documents fournis par Edward Snowden, l’ex-informaticien de la NSA. A plus long terme, The Intercept ambitionne de se muer en un média généraliste dédié à la pratique d’un journalisme d’investigation indépendant pour traiter un large spectre de sujets: abus, corruption financière et politique, ou violation des libertés civiles.

Défense des libertés

Dans son communiqué, Glenn Greenwald s’explique: «The Intercept vise à la défense de la liberté de la presse en dénonçant tous ceux qui voudraient l’enfreindre. Nous sommes déterminés à poursuivre en toute transparence une forme de journalisme essentiel à l’intérêt public».

Cette aventure journalistique compte déjà un casting de rêve. Glenn Greenwald – ex-journaliste à The Guardian – s’est entouré de Laura Poitras (Der Spiegel) et de Jeremy Scahill (The Nation). Deux fins limiers de l’investigation qui ont aussi joué le rôle de catalyseur dans les révélations sur la NSA. Sept autres journalistes de renom ont rejoint le trio au sein de The Intercept. Ils sont issus des prestigieuses rédactions du Washington Post, du New York Times, du Huffington Post, du Guardian, mais aussi du Financial Time. L’équipe compte aussi les services d’un cryptographe, d’un expert en sécurité informatique et d’un avocat. Et pour cause.

«Au cours des sept derniers mois, ajoute Glenn Greenwald, les journalistes qui ont enquêté sur la NSA ont tous – à plusieurs reprises – fait l’objet de menaces de la part de membres du gouvernement américain. Parfois, cette campagne d’intimidation a été au-delà du simple avertissement. Ces tentatives se sont intensifiées ces dernières semaines pour devenir plus concertées et coordonnées.»

The Intercept compte déjà deux contributions. L’une documente l’usage de drones par la NSA pour cibler des assassinats dans le monde entier. L’autre dévoile le visage du futur super centre de l’agence de renseignement dans l’Utah.