Le PS lance le «contrat de travail pour tous les jeunes»

L’emploi étant « la clé de tout », c’est sur ce registre que le PS produit ce qu’il appelle sa « mesure phare » pour la campagne : le contrat d’insertion, contrat de travail, contrat d’emploi… « Peu importe l’étiquette, on n’a pas tranché, mais la nouveauté est là : pour la première fois, un jeune qui sort de l’école aura la certitude, à l’horizon de 18 mois, d’avoir un contrat d’emploi à part entière, d’un an. Un contrat qui, on le souhaite, et c’est le but évidemment, le fera entrer dans la vie professionnelle mais qui, le cas échéant, si cette année de travail devait ne pas porter tous ses fruits, lui ouvrirait le droit au chômage, ainsi que tous les droits liés à nos régimes sociaux. »

Paul Magnette anticipe avec nous, en ces termes, une proposition de campagne que le PS répercutera tant et plus dans la centaine de jours qui nous séparent des élections législatives, régionales et européennes – et dont il fera une priorité lorsqu’il s’agira, en toute hypothèse, de négocier les accords de gouvernement en Wallonie et à Bruxelles.

Reprenons. L’emploi est « la clé de tout, commence Paul Magnette. Sur le plan personnel, car cela donne accès à un revenu, aux droits sociaux, un logement ; sur le plan collectif, car c’est ce qui permet de maintenir et financer notre système social, à commencer par la sécurité sociale ». Clé de tout donc, l’emploi connaît une évolution « singulière » chez nous, ajoute le président du PS. A savoir : « Jadis, la croissance économique donnait lieu quasiment mécaniquement à de l’embauche, de la création d’emplois. Ce n’est plus tout à fait la même chose aujourd’hui : nous sommes sortis de la récession, nous avons retrouvé des perspectives de croissance, mais cela ne se traduit pas pour autant dans une amélioration en termes de taux d’emploi. Ajoutez que nous avons, en Wallonie et à Bruxelles, une démographie forte, porteuse : même quand le nombre d’emplois augmente, cela ne fait pas forcément chuter le taux de chômage, vu la quantité de jeunes qui “frappent” à la porte du monde du travail – notez que si l’on avait la démographie de l’Allemagne, vieillissante, nous aurions le plein emploi… »

« Clé de tout », l’emploi connaît donc une « évolution singulière », et carrément « problématique » pour les jeunes : on atteint un taux de chômage de 23 % en moyenne en Belgique pour les moins de 25 ans, avec des pics de plus de 30 % dans certaines régions au sud du pays. Une plaie dans le corps social. « Cela ne peut pas durer... »

Dès lors : « On a beaucoup réfléchi, consulté les experts, évalué les moyens budgétaires disponibles, pour dégager finalement cette proposition forte : créer un véritable contrat de travail d’un an, soit dans le public, soit dans le privé – dans ce cas, l’Etat, les Régions en l’occurrence, puisque la matière est régionalisée, financera 50 % de l’opération –, pour les jeunes qui ne parviennent pas à trouver un emploi 18 mois après la fin de leurs études malgré les stages, les formations et des efforts de recherches jugés positivement. Des jeunes qui seront, là toujours, orientés par les services du Forem et d’Actiris, selon leurs qualifications. »

Ceci encore : « Après 12 mois, actuellement, le jeune a droit à une allocation d’insertion, (NDLR : notre infographie ci-dessus), ce qui est positif évidemment, mais notre proposition vise à ce qu’il n’en reste pas là, qu’il ait un accès direct au monde du travail après 18 mois, on l’a dit. C’est un changement radical de perspective pour lui. »

En fait de contrat d’un an, il s’agirait d’un emploi à temps plein, rémunéré au salaire minimum (environ 1.440 euros brut par mois), engageant en principe pour la suite des événements : « Grâce à ce contrat, les jeunes pourront acquérir de l’expérience, seront plongés dans le marché du travail. Quel acquis ! En tout état de cause, c’est plus facile de trouver un emploi par la suite, quand on peut faire valoir une année de boulot à part entière, une expérience professionnelle, comme on dit. »

Quatre mille jeunes environ du côté wallon, un bon millier à Bruxelles seraient concernés chaque année. Coût de l’opération : sur la base d’une ventilation 50 %/50 % d’engagements dans le secteur privé et le domaine public, « on peut estimer à environ 60 millions d’euros annuels le coût net pour les pouvoirs publics, ce qui est jouable pour un budget Emploi régional, en Wallonie, de près de 3 milliards d’euros. Sachant en outre que nous voulons, dans la foulée, rationaliser les dispositifs existants – Activa, ALE, etc. – afin de remettre tout cela à plat pour simplifier, récupérer des moyens au passage, être plus efficaces ».

Si l’objectif est de « permettre à tout jeune, quelle que soit sa situation socialement, de prendre part pleinement à la vie professionnelle durant un an et, fort de cette expérience, de poursuivre sa route sur le marché du travail, il reste qu’en cas d’impasse, d’échec provisoirement, celui-ci disposera aussitôt de tous ses droits sociaux, dont celui à l’allocation de chômage complète ».

Là encore, une forme de « garantie » pour le jeune quittant l’enseignement. Etant entendu, ponctue Paul Magnette, que « le but, répétons-le, c’est d’ouvrir, après 18 mois, un accès direct à l’emploi. Ce sera le cas pour la majorité des jeunes concernés . On peut être relativement optimistes, et ambitieux  ».