Maggie De Block: « Mon poids ne m’a privée d’aucun rêve »

«Pour moi, Maggie est la femme idéale.» Après 30 ans de mariage, Luc Asselman porte toujours sur son épouse le tendre regard des premières amours. Une union heureuse, qui a vu naître deux enfants, Julie et Jan. «Je suis immédiatement tombé sous son charme, elle est si intelligente et si subtile.» Jusqu’alors pratiquement inconnue dans la partie francophone du pays, Maggie De Block a fait une irruption spectaculaire à l’avant-scène du paysage politique, en étant nommée secrétaire d’État à l’Asile, à l’Immigration et à l’Intégration sociale.

Un poste stratégiquement important, dont la députée Open VLD compte cerner les contours sans se précipiter, déclarant d’ailleurs qu’elle s’accordait «un mois de silence», le temps d’examiner à fond ses dossiers. «Et les gens qui me connaissent savent qu’il n’est pas évident pour moi de me taire aussi longtemps», avait-elle glissé dans un sourire. Mais si chacun lui a accordé le temps de la discrétion pour analyser ses champs de compétences gouvernementales, il en va tout autrement de son image. Dès l’annonce de sa désignation, les railleries, les moqueries, les plaisanteries ont déferlé. Des blagues de mauvais goût, à notre sens, qui ne semblent cependant pas avoir tétanisé ce médecin de formation. Concernant ses nouvelles fonctions, elle concède son «peu d’expérience» et peut comprendre une certaine «méfiance» à son égard. Mais bon, bien d’autres ministres et secrétaires d’État ont soit débuté leur carrière gouvernementale dans des profils très éloignés de leurs centres d’intérêt initiaux, soit sont passés d’un fauteuil à l’autre à la suite d’un improbable jeu de chaises musicales. Ce n’est donc pas sur ce plan qu’elle cristallise l’attention. Non: l’attention particulière portée à Maggie De Block tient à son poids. Comme l’explique en rigolant son époux, cité par nos confrères du Nieuwsblad: «Le poids de ma femme, c’est le secret le mieux gardé de notre mariage.» Ce n’est pas qu’elle en ait honte, c’est que cela a toujours été ainsi, qu’elle a aujourd’hui parfaitement intégré cette morphologie et qu’elle vit pleinement sa féminité. Et comme pour beaucoup de dames, le poids n’est pas le sujet de conversation que l’on privilégie avec son conjoint.

Natation et huile d’olive

L’obésité de Maggie Celine Louise De Block est, en grande partie, d’origine génétique. «Je suis comme cela depuis 49 ans», confie-t-elle. «Que puis-je y faire?» Et puis, observe-t-elle, «je peux citer tellement de personnalités qui ne sont pas vraiment minces et qui ont réussi un brillant parcours politique». Elle retient notamment Jean-Luc Dehaene («qui n’est pas non plus un mannequin»), Angela Merkel et… Bart De Wever, «qui n’est certainement pas maigre, mais il est bien proportionné. Son problème, c’est qu’il porte des costumes trop petits.» Elle a bien essayé l’un ou l’autre régime, il y a longtemps. Peine perdue. «Bien sûr, si je pouvais signer pour une autre silhouette, je le ferais. Qui ne veut pas d’un corps parfait?» Lorsqu’elle est née le 28 avril 1962, à Merchtem, où elle habite encore, c’était tracé. Son frère Eddy, bourgmestre de la localité, se trouve dans la même situation, avec en plus des problèmes de diabète.

Maggie De Block aime manger, adore cuisiner et apprécie particulièrement les repas entre amis. Cependant, elle fait attention. Aux quantités, d’abord. «Si je mangeais autant que je le voulais, je serais deux fois plus grosse!» À la qualité, aussi. C’est Luc Asselman, d’une forte corpulence également, qui le dit: «À la maison, nous veillons à privilégier une alimentation saine et équilibrée. Nous sommes friands de légumes, de poissons, de crustacés. Maggie cuisine toujours à l’huile d’olive. Pas de bonbons, pas de gâteaux, pas de pâtisseries; on craque quand même pour une glace de temps en temps.» Quant aux fritures, c’est une fois par semaine maximum. L’un des soucis quand on exerce une profession sédentaire, c’est la difficulté à pratiquer une activité physique à un rythme satisfaisant. Notez quand même que la secrétaire d’État se rend à la piscine chaque dimanche, sur le coup de midi. Monsieur, lui, prend l’escalier plutôt que l’ascenseur.

Le noir lui va si bien

Si elle concède que «les minijupes et les tops rayés, ce n’est pas pour moi», la garde-robe de Maggie De Block regorge de vêtements achetés lors de l’une de ses activités favorites: le shopping. Son mari l’accompagne volontiers, mais il préfère l’attendre – pas mal de conjoints se reconnaîtront – à la sortie du magasin. «Pour moi, c’est habillée de noir qu’elle est la plus belle, cette couleur lui va si bien!», s’enthousiasme Luc Asselman. «Le vert et le bordeaux aussi! Maggie, poursuit-il, est une femme enjouée et une combattante.» Il est encore «fou et tellement fier d’elle» après 30 années de vie commune. «C’est une mère formidable et ma meilleure amie. Je fonds lorsqu’elle me regarde.» Le regard… Maggie De Block savait que «les blagues ne tarderaient pas», à propos de son physique. Elle ne s’en formalise pas et, surtout, elle y répond avec cette phrase merveilleuse: «Mon poids ne m’a privée d’aucun rêve.»