“Martine” bientôt à la télé !

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Homme de culture et de passions, il nous faisait partager dernièrement son exceptionnelle connaissance de Claude François (“Le Soir magazine” du 7 mars 2012). Aujourd’hui, le Liégeois Alain Ledent évoque un tout autre univers. « J’ai découvert Marcel Marlier avant “Martine”, confie-t-il, par l’intermédiaire de mes livres d’école (calculs, lecture, histoire de Belgique, catéchisme, etc.). Il a également sorti des ouvrages dont les héros sont des animaux. J’avais conservé tout cela. Et, par la suite, je me suis intéressé aux dessins de “Martine”, ai rencontré Marcel Marlier et ai entretenu avec lui des relations amicales. Ce sont plus les dessins que Martine elle-même que j’aime. »

Cette héroïne est davantage célèbre que ses créateurs : « Marcel Marlier ne faisait pas de la bande dessinée. Il était illustrateur, ce qui explique sa notoriété très relative. On ne savait pas où le classer ! En définitive, il n’a jamais été reconnu à sa juste valeur. Mais cette discrétion allait bien avec le personnage, humble et modeste. »

Marcel Marlier a travaillé au fil des décennies avec un complice, Gilbert Delahaye : « Celui-ci était employé chez Casterman tout en écrivant des poèmes. Il a rédigé une histoire dont l’héroïne ne se prénommait d’ailleurs pas Martine. “Martine en voyage” et “Martine à la ferme”, un peu plus didactique, sont sortis simultanément en avril 1954. C’est le deuxième qui a le mieux fonctionné auprès des acheteurs et qui a montré le chemin à suivre. »

Près de 60 ans plus tard, le bilan est impressionnant : « On doit être à 100 millions d’albums vendus, constate Alain. L’impact se mesure au niveau international. »

À la suite du décès de Gilbert Delahaye, le 6 décembre 1997, Jean-Louis Marlier, fils de Marcel, a pris la relève au niveau des textes jusqu’au 60e et ultime album de “Martine”. Marcel Marlier, lui, est mort le 18 janvier 2011 à 80 ans. Alain Ledent précise : « Il a laissé également douze titres de la série “Jean-Lou et Sophie”, douze albums animaliers, une vingtaine de volumes de la Comtesse de Ségur illustrés par ses soins, sans compter les nombreux produits dérivés que Casterman continue à éditer. »

Comme bien des personnages de papier, Martine va avoir droit à une autre vie grâce à la télévision : « Des dessins animés ont été produits et notamment achetés par la RTBF, mais aussi la BBC. Ils devraient démarrer chez nous au mois de septembre. Une cinquantaine d’histoires ont été conçues, mais il ne s’agit pas d’adaptations des livres. Marcel Marlier avait approuvé tout ce travail. »

En librairie, “Martine » n’ira pas plus loin dans ses aventures. « La veuve comme les deux fils de Marcel Marlier ne veulent pas voir dénaturer l’œuvre, souligne Alain. Il n’est donc pas question de passer le flambeau à qui que ce soit. »