Ingrid Sartiau : « Le roi d’Espagne est mon père ! »

La presse catalane révélait au monde, il y a une semaine, l’existence du Catalan Alberto Sola Jimenez, 56 ans, et de la Belge Ingrid Sartiau, 46 ans, les deux enfants illégitimes de Juan Carlos, le roi d’Espagne, qui aurait eu, selon la journaliste espagnole Pilar Eyre, auteur de La soledad de la reina: Sofia, una vida (La solitude de la reine: Sofia, une vie), pas moins de 1.500 maîtresses depuis son mariage avec la princesse Sofia en 1976!

Ce week-end, Ingrid Sartiau, née en 1966 d’une histoire d’amour entre Liliane Sartiau, sa mère, et Juan Carlos, alors qu’il n’était pas encore roi, nous a accordé, en exclusivité pour Le Soir magazine, sa première interview. Une interview accordée en français, langue qu’elle parle parfaitement.

Ingrid, comment avez-vous appris que vous étiez la fille de Juan Carlos? Pendant des années, depuis toute petite, j’ai toujours demandé à Maman: «Qui est Papa?» Elle répondait toujours: «Je ne sais pas t’expliquer». À l’école, les autres enfants avaient un père et une mère. Moi, je n’avais pas de père. À chaque fois qu’on devait fêter la Fête des pères, je disais à Maman: «Qui est Papa?» Son secret, elle l’a bien caché.

Il y a dix ans, votre mère vous fait une révélation… C’est arrivé accidentellement. On regardait la télévision. Et lorsqu’elle a vu apparaître Juan Carlos à la télévision, elle a dit: «C’est ton Papa!». Je n’ai pas eu de réaction.

Il y a un an, vous avez eu, votre mère et vous, une longue discussion… On s’est assises à table et, cette fois-là, on a beaucoup discuté. C’est moi qui lui ai demandé que l’on puisse avoir cette discussion. Je me posais beaucoup de questions et j’avais besoin de les lui poser. J’avais besoin de connaître mon identité, de savoir qui je suis et d’où je viens.

Après cette révélation, «C’est ton Papa!», vous n’en avez pas reparlé pendant dix ans? Non. Ce n’est qu’il y a huit mois que j’ai fait des recherches sur internet à propos du livre Bâtards et Bourbons de José Maria Zavala. J’ai fait des recherches sans savoir que j’allais me trouver un frère. Je suis arrivée sur YouTube. Et j’ai découvert un reportage sur Alberto. Dans ce reportage de la télévision hollandaise RTL4, on voit Alberto à la taverne El Drac à la Bisbal d’Empordà, en Catalogne. J’ai fait des recherches pour obtenir un numéro de téléphone. C’est dans cette taverne qu’Alberto travaille. Mon beau-père a téléphoné à Alberto en espagnol et lui a dit: «Ma belle-fille pense qu’elle a le même père que vous!» Et étrangement, il a tout de suite compris. Je lui ai demandé son ADN et, sans hésiter, il me l’a envoyée. Au mois d’avril, j’ai été chez le docteur Cassiman, qui est professeur de génétique à la KUL, pour qu’il compare mon ADN avec celui d’Alberto. Selon les analyses, Alberto et moi, nous avons un parent en commun à 90,8%. Cela signifie qu’Alberto est mon frère et que je suis sa sœur. Et le professeur Cassiman m’a expliqué qu’on pouvait arriver à 99%. Pour cela, le professeur doit encore faire six petits tests complémentaires. Je vais les passer parce que je veux montrer à la presse qu’avec ces 99%, il n’y a pas de doute à avoir. Ces tests ne

peuvent pas descendre en dessous de ces 90,8%. Ils ne peuvent qu’augmenter et confirmer le premier résultat.

Quelle a été votre réaction en apprenant que vous aviez un frère? J’ai été très émue. J’ai tout de suite voulu partir en Espagne pour le voir. Je voulais le rencontrer, tout de suite.

Vous avez deux enfants. Comment ont-ils réagi en apprenant que vous aviez un frère en Espagne et que vous étiez la fille de Juan Carlos?

Guillaume n’a pas vraiment eu de réaction, il a 22 ans et il étudie la philosophie. Aude, qui a 20 ans, a de la curiosité pour mon histoire.

Comment votre mère Liliane Sartiau a-t-elle rencontré Juan Carlos? Maman était gouvernante chez la famille de Mérode, en Belgique. C’est d’ailleurs en Belgique que Maman et Juan Carlos se sont rencontrés. Leur histoire d’amour a duré de 1956 à 1966. Maman a quatre ans de plus que mon père. Elle a aujourd’hui 78 ans.

MAMAN A EU UN COUP DE FOUDRE POUR JUAN CARLOS!

Qu’est-ce que Juan Carlos faisait en Belgique? Il était de passage auprès de la famille de Mérode où Maman travaillait. C’est là qu’ils se sont rencontrés.

Entre eux, ça a été le coup de foudre? De la part de Maman, ça a été le coup de foudre. De la part de mon père, je ne sais pas. C’est très difficile d’en parler avec Maman. Je la sens mal à l’aise. C’était un secret entre elle et lui. Ils se sont vus pendant dix ans.

Elle allait en Espagne? Lui venait en Belgique? Ça, Maman ne veut pas le dire. Elle veut rester très discrète. Elle ne veut pas nuire au Roi. Elle dit: «Je ne veux pas lui apporter des problèmes puisque je l’ai aimé».

Retrouvez l’intégralité du dossier dans le Soir magazine de cette semaine

Photos exclusives Soir magazine.