Guy Spitaels : “À 80 ans, il ne faut pas prendre sa vie au sérieux !”

Sa toute dernière interview au Soir Mag. Nous avions interviewé l’ancien président du PS et vice-Premier ministre un an après la violente agression dont il avait été victime à Uccle mais qui avait permis de lui déceler une tumeur au cerveau.

Temps de lecture: 3 min

En février de cette année, un an après l’agression sauvage devant son domicile ucclois, Guy Spitaels s’était confié dans “Le Soir magazine” à notre collègue Emmanuelle Praet au sujet de l’insécurité à Bruxelles. « L’insécurité est partout à Bruxelles. Même dans les quartiers huppés ! », disait-il. Paradoxe : c’est grâce à cette agression qu’on avait pu lui diagnostiquer une tumeur au cerveau, dont il avait été opéré en avril suivant. Guy Spitaels avait été sauvagement agressé en février 2011 par un inconnu alors qu’il garait sa voiture devant son domicile, à Uccle. Le ministre d’État et ancien président du Parti socialiste revenait d’une conférence-débat à la Foire du livre. Il conduisait la voiture de son épouse lorsqu’un inconnu a surgi. Guy Spitaels : « Il était environ 19 h 30. Je me suis garé devant chez moi, à Uccle. J’étais dans la petite voiture de mon épouse. Je suis sorti de la voiture pour vérifier que j’étais bien garé. Et là, je n’ai pas compris, j’ai reçu une volée de coups… », nous expliquait Guy Spitaels, une semaine après avoir reçu la lettre officielle du parquet de Bruxelles lui annonçant que le dossier était classé sans suite ! « Je suis certain qu’il m’a observé. Il a foncé sur moi, il m’a frappé avec une violence inouïe. Il s’est mis avec ses genoux sur mon plexus, je n’arrivais plus à respirer », poursuit-il.

« Je lui ai dit : “prenez mon argent et partez !” Ce qu’il fit ! » Le malfrat a pris la fuite en emportant le portefeuille de sa victime allongée à terre, le visage en sang. « J’ai eu le nez cassé et de nombreux hématomes. »

Classée comme tant d’autres…

L’agression dont a été victime Guy Spitaels est ce que l’on peut appeler une agression “banale”. Les vols avec violence font, hélas !, partie du quotidien… Les arrestations, par contre, moins. Pas évident en effet d’identifier un malfrat qui agit par surprise et qui laisse sa victime tétanisée et blessée. Côté judiciaire, Guy Spitaels n’a pas eu de traitement de faveur. L’enquête n’a pas permis d’identifier l’auteur, un constat récurrent au sein des parquets. Le dossier a par conséquent été classé sans suite. Guy Spitaels nous commentait cette décision : J’ai reçu une lettre qui m’annonçait que l’affaire était classée sans suite et que je pouvais consulter le dossier et obtenir une copie si je le souhaitais. (...) À vrai dire, je n’ai même pas été étonné… Et pourtant mon agression n’avait rien d’un petit accrochage banal. Elle aurait pu se terminer très mal. J’aurais pu y laisser la vie. » « Ce classement sans suite, ce n’est pas rassurant. Ce n’est pas normal. L’insécurité à Bruxelles est inquiétante. Elle est partout, y compris dans des quartiers huppés. Ici, c’était à quelques pas de l’avenue Molière (artère chic d’Uccle, ndlr). Je vais être franc, je trouve que ce n’est pas bon… Le citoyen ne doit pas avoir ce sentiment d’insécurité. C’est un échec de la société. »

“C’est paradoxal mais mon agresseur m’a sauvé la vie…”

« Cela dit, c’est paradoxal, mais cette agression fut providentielle ! Elle m’a sauvé la vie… Suite aux coups, j’ai dû passer de nombreux examens médicaux. Les médecins ont découvert que j’avais une tumeur au cerveau. On a pu opérer immédiatement. De la radiothérapie, de la chimiothérapie à l’hôpital Bordet, mais aussi à Erasme. À présent, tous les examens sont très réconfortants. » Notre collègue lui posait en conclusion cette question : Avez-vous eu peur de mourir ? « À 80 ans, il ne faut pas prendre sa vie au sérieux ! »

Propos recueillis par Emmanuelle Praet.

 

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