Le KGB a-t-il tué Albert Camus ?

Une nouvelle étude laisserait entendre que l’auteur de “L’étranger” aurait été tué par les services secrets soviétiques.

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Un universitaire italien vient de faire des déclarations plutôt étonnantes concernant le décès d’Albert Camus. Selon lui, l’accident de la route au cours duquel l’écrivain a trouvé la mort aurait été provoqué par le KGB. Giovanni Catelli, spécialiste de l’Europe de l’Est, a développé cette théorie suite à la découverte de ce point de vue dans le journal posthume du poète tchèque Jan Zabrana.

Catelli explique dans les colonnes du quotidien italien Il Corriere della Sera qu’un passage a été non traduit dans la version italienne du journal posthume. Selon lui, la version originale contiendrait un passage racontant la rencontre entre Zabrana et un Russe proche du KGB. Voici comment il l’expose dans le quotidien italien : « J‘ai entendu une chose très étrange d’un homme qui sait beaucoup de choses, et qui dispose de sources pour les connaître », débute-t-il avant de poursuivre plus en détail. « Il affirme que l’accident de la route dans lequel est mort Camus en 1960 a été arrangé par l’espionnage soviétique. Ils ont endommagé un pneu de la voiture grâce à un outil qui lors d’une pointe de vitesse a tailladé ou crevé le pneu »

« L’ordre pour cette action a été donné personnellement par le ministre [soviétique des Affaires étrangères Dmitri] Chepilov, comme “récompense” pour l’article publié sur « Franc-Tireurs » en mars 1957 dans lequel Camus, à propos des événements en Hongrie, a attaqué ce ministre, le nommant de façon explicite… », raconte-t-il.

Proche d’un scénario d’un bon film, cette idée est largement remise en cause par les spécialistes. Le philosophe français Michel Onfray est très dubitatif quant à cette version. Celui qui publiera prochainement une biographie de Camus démonte les arguments de l’Italien. « Je ne ne crois pas cela plausible, le KGB avait les moyens d’en finir autrement avec Albert Camus », a-t-il souligné. En outre, « ce jour-là, Camus devait en fait rentrer par le train. Il avait même son billet, et c’est au dernier moment qu’il a décidé de rentrer avec Michel Gallimard (neveu de l’éditeur Gaston). D’ailleurs, la voiture était celle de Gallimard », a-t-il argumenté. « Que les Soviétiques aient eu envie d’en finir avec lui (Camus), c’est sûr, mais pas comme ça », a-t-il conclu.

La vérité sera-t-elle connue un jour ? Vojtech Ripka, de l’Institut pour l’étude des régimes totalitaires de Prague, en doute puisque ce point de vue sera difficilement vérifiable. « Toutes les choses intéressantes que le StB (la police secrète communiste tchèque) a trouvées et que les Soviétiques voulaient sont allées directement là-bas (à Moscou). Les Russes ne vous laisseront pas mettre votre nez là-dedans ».

Le mystère restera donc entier sur les circonstances de l’accident qui a coûté la vie à Albert Camus, alors âgé de 46 ans.

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